Dans de tels débats, les positions extrêmes sont souvent celles que l’on entend en premier. Chacun cherche d’abord à caricaturer le camp « adverse » à gros traits question de prendre l’avantage de l’opinion publique. Une lettre ouverte parue dans un grand quotidien parlait même d’une sorte de complot des « bourgeois » du Plateau qui voulait savourer leur cappuccino en paix sur leur balcon avant. Une autre dame écrivait que si on ne voulait pas de son auto et bien elle magasinerait désormais au Quartier Dix30. Rien de moins! Le ton était donné….
Si on vous posait la question de la place de l’auto à Saint-Léonard, que diriez-vous? Personnellement, et je vous concède que ce n’est pas une étude très scientifique, j’évalue que les autos prennent davantage de place qu’auparavant.
Cela fait maintenant quatre ans que je suis à Saint-Léonard et il me semble que le trafic est clairement plus important dans notre arrondissement qu’à mon arrivée. Ce ne serait pas surprenant compte tenu que le nombre d’autos est en forte augmentation sur l’île de Montréal et avec les banlieues de la couronne qui se développent à vitesse « grand V », la tendance lourde semble nettement du côté des automobiles. Par quel miracle, Saint-Léonard serait-il protégé?
En tous cas, cet accroissement du trafic se vérifie, il me semble, sur le boulevard Lacordaire le soir en direction nord. Le flot de véhicules est constant et élevé. D’un feu de circulation à un autre, on ne réussit pas à «vider » la circulation qui s’accumule ainsi rapidement. Évidemment ce n’est pas encore rendu à de solides bouchons de circulation dignes de mention dans les reportages d’Yves Désautels à Radio-Canada mais avec une tendance aussi nettement à la hausse, on devrait ne pas être à des décennies d’y arriver.
Il faut suivre de près cet accroissement du trafic. Il existe probablement des statistiques très précises sur qui sont les automobilistes qui empruntent les rues de Saint-Léonard, où vont-ils, combien sont-ils? Ne négligeons pas ce dossier et n’attendons pas l’asphyxie automobile avant de bouger.
Certes l’urbanisme tout en « courbes » de Saint-Léonard nous « protège » d’une certaine façon de la circulation de transit qui essaie de se faufiler dans les rues résidentielles mais tout cela ne règle pas d’office les enjeux de partage de l’espace public entre autos et résidents.
Mais un point sur lequel il faudrait être particulièrement vigilant concerne certaines des grandes intersections de Saint-Léonard. Il faudrait viser à ce qu’elles deviennent toutes plus « agréables et sécuritaires » pour les piétons ce qui n’est actuellement pas le cas actuellement.
Je pense ici à l’intersection Jarry-Langelier que je trouve particulièrement désagréable. On a l’impression quand on est un piéton d’être une nuisance qui devrait se dépêcher de dégager le plus vite possible pour que les automobilistes aient toute la place. Je me souviens d’une journée cet hiver où un vilain banc de neige laissé sur le coin rendait la situation particulièrement désagréable et dangereuse. Le genre de journée où tu te dis que ce n’est vraiment pas le règne du « piéton-roi ».
Malheureusement d’autres intersections gagneraient aussi à être « humanisées ». Bref le débat sur la place de l’auto occupera encore beaucoup de discussions. Et vous, qu’en pensez-vous?
Daniel Duranleau, collaborateur citoyen
