Certains louangent le tout comme un nouveau messie pédagogique qui fera des miracles avec les garçons notamment. On met de l’avant que c’est dynamique, que c’est vivant, que cela bouge et capte davantage l’attention. Bref une école ne pourrait être « cool » sans son tableau interactif. On est en 2011 après tout.
Évidemment d’autres personnes ont une opinion tout à fait contraire. Ceux-ci qualifient le tout de clinquante quincaillerie qui coûtera une fortune et ne donnera absolument rien. À leurs yeux, tout cela serait un gadget dont on se lassera rapidement. Au mieux, ce serait une mode ; au pire, un mirage technologique. Ce ne serait pas de technologie dont on aurait besoin mais de davantage d’hommes et de femmes dans nos écoles pour « faire l’école ».
Par tempérament, je suis plutôt modéré et j’ai tendance à me méfier des positions trop tranchées notamment quand on aborde le dossier de l’éducation où les consensus sont aussi rares que les canicules en janvier. Dans le cas présent, j’estime que la bonne réponse se trouve quelque part entre ces deux extrêmes.
En fait, les tableaux interactifs me semblent un outil intéressant et approprié. J’ai eu l’occasion de voir les 2 tableaux blancs interactifs dont s’est dotée l’école primaire de mes enfants et l’enthousiasme qu’ils soulèvent doit quand même être un indice honnête que cela a une certaine valeur.
Cela dit, faut-il maintenant en avoir un dans chacune des classes ? Dans une classe sur deux ? Dans une classe par étage ? C’est à regarder avec les autres besoins du milieu scolaire. Et ceux-ci sont colossaux.
Chose certaine, l’école d’aujourd’hui a de multiples besoins. On veut des bâtiments rénovés, des classes plus petites, davantage de ressources professionnelles, du parascolaire attrayant, des équipements adaptés, du soutien alimentaire, des services de garde ouverts de 7h à 18h, des projets éducatifs stimulants et la liste s’allonge de manière assez impressionnante. Cela donne souvent le vertige. Comme s’il n’y avait pas de limite en vue.
À la lumière de tout cela, les choix budgétaires doivent donc chercher à maximiser les possibilités de réussite de nos jeunes. Et il faudra toujours se rappeler qu’en éducation, aucune action isolée ne pourra constituer, par elle-même, une avancée significative Peu importe la mode, les experts ou l’air du temps, il faudra toujours une approche équilibrée.
La vieille réticence à mettre tous ses oeufs dans le même panier a décidément de l’avenir. Réforme ou pas !
