Sur ma route, il y a un propriétaire qui fait pousser des hémérocalles tout le long de la clôture de son terrain. C’est un véritable poème. Fin juin, j’ai admiré les débuts des bulbes. Petit à petit quelques-uns se sont épanouis. Au cœur de juillet ces hémérocalles sont toutes fleuries. Elles colorent la grisaille du trottoir en ciment. C’est LA VIE qui s’épanouit en beauté au cœur de la ville.
Sur ma route, je croise aussi des mamans qui poussent un landau dans lequel sommeille un marmot de quelques mois. Parfois, un gamin de 3 ou 4 ans trottine à ses côtés tout en jetant ici et là des regards tout émerveillés. C’est LA VIE qui s’épanouit au cœur de la ville.
Sur ma route, je rencontre des personnes de tout âge à l’air préoccupé, qui ne semblent pas voir où elles déposent le pied, tout absorbées par leur inquiétude. Des jeunes à bicyclette se faufilent tout joyeux entre tous ces piétons perdus dans leur monologue personnel. C’est LA VIE qui, malgré ses peines, s’épanouit au cœur de la ville.
Sur ma route, mille scènes touchantes m’émerveillent. Je souris encore quand je revois en pensée cette dizaine de petites frimousses d’à peu près 3 ou 4 ans qui traversaient la rue Jean-Talon en tenant d’une main une corde qui les reliait les uns aux autres. Leur petit pas sautillant, leur minois épanoui, leur œil curieux faisait de cette ribambelle de jeunes enfants, conduit par 2 éducatrices, un spectacle ravissant que plusieurs piétons contemplaient tout sourire ! C’est LA VIE qui s’épanouit au cœur de la ville.
Sur ma route, mille situations jaillissent allègrement chaque fois que je pointe mon nez en dehors de ma demeure. Sans doute y en a-t-il tout autant sur votre route quotidienne. Les reconnaissez-vous ?
LA VIE qui s’épanouit sur nos divers chemins citadins, s’irradie tout autant dans l’intimité de notre foyer. Tellement happés par mille occupations qui accaparent notre quotidien, nous en oublions la merveille des merveilles : ce cadeau unique, LA VIE qui nous habite. Chaque matin nouveau, sans bruit mais vigoureuse et alerte, LA VIE se propose à chacun d’une manière nouvelle jusqu’à notre coucher. Tandis que le premier regard de la journée, les premiers gestes coutumiers et quasi rituels démarrent notre journée, nous avons toujours la possibilité d’intégrer ce que nous voulons dans le déroulement des heures qui nous sont données malgré certaines situations contraignantes. LA VIE n’a qu’un souhait, s’épanouir pour notre plus grande joie.
LA VIE foisonne de toute part dans notre intimité et nous ne la remarquons même pas. Tellement comblés nous ne portons même plus attention à l’eau que nous utilisons et que nous gaspillons allègrement. Nous ne remarquons même plus le pain, les fruits et les légumes qui foisonnent sur notre table et que souvent nous jetons dédaigneusement. Inconscients du souffle qui nous anime, des sons qui nous parviennent de toute part, de la vue de tout ce qui nous entoure, nous sommes devenus exigeants. Nous voulons tel gadget indispensable selon les dires de la publicité envahissante. Nous voulons aussi acheter tel vêtement à la dernière mode, nous procurer mille babioles étalées dans les super centres d’achat ! La consommation à outrance devient le moteur de notre action et nous emporte vers des paradis éphémères et superficiels. Nous survivons loin du réel bonheur de vivre, enfermés dans l’accaparement de biens sans cesse renouvelables. Cibles de la société de consommation, nous voilà au carrefour d’une décision personnelle : décider de vivre sa vie ou se laisser emporter dans le tsunami de la consommation.
Pour nous ouvrir davantage à notre vie, maints penseurs de tout acabit proposent diverses solutions efficaces à condition d’être fidèle à un certain engagement personnel envers soi-même. Sur la route de la découverte de notre source de vie j’ose proposer de bloquer à l’agenda un petit 5 minutes matinal et quotidien. Un petit 5 minutes pour apprendre simplement à écouter en silence notre respiration : inspiration et expiration. C’est un infime commencement qui portera ses fruits, je vous l’assure.
Sur nos chemins citadins, puissiez-nous goûter au bonheur de vivre LA VIE qui nous est donnée si généreusement chaque jour où que nous soyons, qui que vous soyons et quoique nous fassions !
Et qu’il n’y ait pas que BELL qui puisse dire et redire LA VIE EST BELLE !
