Pour ce dixième anniversaire, la femme est au centre des festivités.
« Après le tremblement de terre en Haïti, la seule façon de rebâtir, c’est par les enfants. Qui permet aux enfants de renaître? La femme. Il est important de lui rendre hommage pour sa particularité de donner naissance et de perpétuer la culture créole », estime M. Toussaint.
« La femme créole ne vient pas seulement des Antilles, elle vient des cinq continents. Elle est diversifiée. C’est tout à fait normal de lui rendre hommage pour sa contribution à l’Histoire. La femme fait tout ce que les hommes auraient dû faire, et qu’ils n’ont pas fait », blague Pierre-Roland Bain, président du Comité international pour la promotion du créole et de l’alphabétisation (KEPKAA), organisme à l’origine de cet événement.
Dans le cadre du spectacle présenté à Saint-Léonard, Eddy Toussaint, que l’on surnomme le « père du ballet-jazz québécois », a décidé de mettre en scène la Misa Criolla, de l’auteur argentin Ariel Ramirez.
« J’ai choisi la Misa Criolla – qui signifie « Messe créole » –, car c’est une musique envoûtante et magnifique qui reflète l’âme créole. Le Créole est un être exubérant, qui croit au futur. Comme on dit chez nous : il pleut aujourd'hui, mais il fera soleil demain. Il a un optimisme exceptionnel et c’est ce que la Misa explique. »
Une douzaine de danseurs classiques de la troupe Ballet Eddy Toussaint de Montréal partageront la scène avec des artistes locaux tels que Frantz Benjamin, Chantal Lavigne, Franck Sylvestre et Louisa Lafable.
« J’ai fait appel à des artistes de la région, autres que mes danseurs, qui font des choses magnifiques, très minimales, très représentatives de la culture des Antilles. Josiane Antourel interprète la chanson Le deuil, composée par l’artiste de renom Toto Bissainthe, avec quelque chose de tellement spécial. D’une façon très minimale, elle nous fait comprendre toute cette tristesse d’une façon sereine et intérieure qui contraste avec l’exubérance créole », fait valoir le fondateur des Ballets Jazz de Montréal.
« On va faire un mélange de musique, de poésie, de chant et de danse. On a une chanteuse soprano, Chantal Lavigne, qui va chanter en créole. Ça devient universel, car tout le monde pourra vivre et ressentir cette musique grâce à sa voix », ajoute M. Bain.
Un retour aux sources
Cette participation aux activités du Mois du créole marque un retour aux sources pour le célèbre chorégraphe d’origine haïtienne.
« J’ai quitté Haïti à l’âge de 13 ans et j’ai été élevé ici. Je suis me suis toujours senti un peu seul, même au Québec où j’ai été élevé comme un Québécois, avec les bons et les mauvais côtés que ça entraîne. Ensuite, j’ai vécu en Floride, à Moscou, à Prague et à Houston au Texas. D’entendre tout le monde autour de moi parler créole, c’est ma plus belle récompense!
" Le Créole est un être exubérant qui croit au futur. Il a un optimisme exceptionnel. " - Eddy Toussaint, chorégraphe
« C’est très important ce qui a été fait durant mon absence. La communauté créole s’est unifiée : les gens venus des Antilles, de l’Afrique et de l’Europe se sont associés pour créer le Mois du créole », remarque M. Toussaint.
Un partage de culture
Le Mois du créole se veut une invitation au partage, croit le président du KEPKAA.
« On a besoin de l’appui et de l’apport de la communauté créole, mais aussi de la société québécoise et des autres groupes ethniques de Montréal. Dans ce sens, le Mois du créole est devenu un partage : ce n’est pas quelque chose que les créolophones veulent garder pour eux. Ils veulent partager cette culture – qui est la quatrième en importance en Amérique – qu’elle soit vue et vulgarisée.
« Nous avons le soutien de la communauté italienne à travers le centre Leonardo da Vinci. Nous avions déjà organisé des activités ici, mais ce n’était pas sous la forme d’une collaboration. Cette fois-ci, c’est différent. Le centre est vraiment notre partenaire », insiste M. Bain.
Le spectacle de la compagnie Ballet Eddy Toussaint de Montréal a lieu, le 27 octobre, au théâtre Lino et Mirella Saputo du centre Leonardo da Vinci (8370, boulevard Lacordaire). Les billets sont en vente au coût de 25 $. Pour information, on communique avec le KEPKAA au 514 802-0546 ou via courriel à l’adresse kepkaa@videotron.ca. On visite également le site Internet du centre Leonardo da Vinci (www.centreleonardodavinci.com).
Des activités sont prévues tout au long du mois d’octobre sur le territoire montréalais, dans le cadre du Mois du créole. Pour en savoir davantage, on consulte le site Internet du KEPKAA (www.kepkaa.com).
Pour en savoir plus, on lit l'article "Ann fete eritaj kreyòl nou !*"
Eddy Toussaint
Né à Port-au-Prince, en Haïti, le 27 décembre 1945, Eddy Toussaint a immigré au Québec en 1957. Danseur, chorégraphe et directeur artistique, il fonde, en 1972, les Ballets Jazz de Montréal avec Eva Von Gencsy et Geneviève Salbaing.
Figure marquante de la danse québécoise durant les années 1970-1980, il est amené à travailler aux quatre coins du globe, notamment aux États-Unis, en Russie et en République Tchèque. Il revient s’installer au Québec, en 2010, après près de 23 ans d’absence.
(Source :Encyclopédie canadienne)

