Le chômage chez les personnes originaires du Maghreb atteint des records, frôlant les 28 %. Une situation que déplore le résident de Saint-Léonard et candidat péquiste dans Jeanne-Mance-Viger lors des dernières élections, en mars 2007 Kamal El Batal. Il a joint sa voix à celle de plusieurs personnalités maghrébines regroupées sous la bannière du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) pour dénoncer cette situation.
Réunis pendant la Semaine d'action contre le racisme, ils ont tenu à dénoncer la situation du chômage qui affecte tout particulièrement les communautés maghrébine, haïtienne et la communauté noire originaire d'Afrique. Un problème montréalais qui n'est pas sans affecter l'est de la métropole, dont Saint-Léonard. « Le tissu démographique de Saint-Léonard se modifie. On constate que plusieurs nouveaux arrivants francophones s'y établissent. » Des immigrants qui proviennent principalement des trois communautés les plus durement touchées par le chômage.
Scolarisés, mais sans boulotLes chiffres parlent d'eux-mêmes. Alors que plus de 96 % des immigrants provenant du Maghreb parlent français, plus de la moitié maîtrisent à la fois le français et l'anglais, soutient Kamal El Batal. Toujours selon les données compilées par le CRARR, 45 % des immigrants de cette région du globe détiennent une qualification universitaire ou technique, contre 31 % pour le reste de la population. « Nous avons donc une communauté jeune et hautement qualifiée qui vit sous le seuil de la pauvreté. Il y a quelque chose qui ne va pas ! »
Ce n'est pas la première fois que Kamal El Batal livre bataille sur la question de l'emploi. Agronome de formation, l'homme s'était déjà fait remarquer en modifiant son nom pour celui de Marc Tremblay, à la tête de son CV. Sa candidature, d'abord refusée par la Coopérative fédérée du Québec, avait été sélectionnée après ce changement. L'entreprise a d'ailleurs été condamnée par la Commission des droits de la personne pour son comportement. Et l'agronome n'est pas le seul à subir ce type de discrimination. La Dre Lamia Ouamara, également présente lors de l'événement, n'a toujours pas de place en résidence alors qu'elle a réussi tous les examens de qualification.
Le CRACC revendique donc des mesures plus musclées de la part du gouvernement pour aider les nouveaux arrivants à se sortir de l'impasse. Le groupe de pression a d'ailleurs rencontré la ministre de l'Immigration, Yolande James, à ce sujet, mais il est ressorti insatisfait des solutions proposées.
En tête de liste, ils revendiquent un système qui permettrait de mesurer les avancées en matière d'emploi. « Il y a une panoplie de programmes gouvernementaux, mais on ne sait pas quels sont les résultats réels. » Malgré les millions injectés, le chômage n'a pas cessé d'augmenter depuis les cinq dernières années, ajoute Kamal El Batal. « Avec 40 000 immigrants au chômage à Montréal, on est en train de créer des arrondissements tiers-mondistes. »


