De la pensée magique. Notre monde d’aujourd’hui n’est pas avare de sa production. Loin s’en faut et les choses semblent s’empirer quand j’entends des personnes parler des 2 côtés de la bouche en même temps.
Je suis d’accord pour freiner les changements climatiques en autant que cela ne veuille pas dire que je devrai me priver de mon auto. Je fais ma part : notre électricité est produite avec l’eau des rivières.
Je suis d’accord pour que les places en garderie restent à 7 $ en autant que l’on n’augmente pas mes impôts. Je fais ma part : les enfants, c’est l’avenir de la Nation.
Je suis d’accord qu’une bonne alimentation est importante pour prévenir le diabète en autant que je puisse manger ce que je veux, dans les proportions que je veux et quand je le veux. Je fais ma part : j’amène mes sacs en coton à l’épicerie.
Loin d’être un « phénomène » de jeunes à qui tout serait permis, ce genre d’attitudes transcende largement les générations. Tout le monde demande une sorte d’épidurale collectif.
Et cela m’inquiète quand on est à la recherche comme citoyen, comme élu, comme parent de cet impalpable et fugitif objectif qui s’appelle le « bien commun ».
Il me semble qu’il faille se redire que tout ne peut pas se faire toujours sans effort, sans renoncement, sans douleur, sans perte. La formule magique du « gagnant-gagnant » ne peut s’appliquer partout, tout le temps, par tous les temps. Ce serait trop facile. Sinon je le répète, nous sommes dans l’univers de la pensée magique.
Je vous entends déjà maugréer que je ressors l’argument de la vieille culpabilité judéo-chrétienne qui dit qu’il faut souffrir pour gagner son Paradis. Je m’en défends. « <@Rbi>Choisir c’est renoncer<@$p> » dit l’adage. Et il a raison.
Chaque jour comme citoyen, comme parent, comme élu on fait des choix et ils sont de toutes sortes. Si on choisit de vivre en coopérative d’habitation où il a des grands logements, on accepte de vivre avec des enfants, des jeunes qui vont vouloir bouger, jouer, grouiller. Et possiblement qu’ils vont vouloir faire cela aussi à l’heure de la sieste de l’après-midi. On peut se donner une règle très claire que le bruit doit cesser après 21 heures mais en après-midi, laissons les enfants jouer.
Si on choisit de diminuer la place de l’auto dans nos quartiers, on accepte concrètement de rétrécir certaines rues, d’implanter des mesures d’apaisement de la circulation, de céder la priorité à l’autobus par des voies réservées mais aussi de ne plus penser les développements routiers comme avant, d’instaurer des mesures fiscales appropriées, etc.
Et les exemples pourraient se multiplier. Il faut assumer pleinement les choix que l’on fait. C’est une attitude d’une société arrivée à maturité. « Tout le monde veut aller au Ciel….. » dit la chanson. Certes mais chaque chose en son temps, n’est-ce pas?
Tout le monde veut aller au Ciel mais…..
Vous vous souvenez peut-être de cette chanson très populaire il y a quelques décennies? « Tout le monde veut aller au Ciel oui mais personne ne veut mourir, personne …. » Un classique! Comme le monde serait facile si on pouvait être au Paradis et sur Terre en même temps, si on pouvait avoir simultanément le beurre et l’argent du beurre, si on pouvait avoir de la neige pour le ski mais pas de neige à pelleter, si …..
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