Vraiment il y a parfois de quoi se désespérer des injustices de notre monde surtout quand on réalise que même Mère Nature semble s’acharner sur les plus vulnérables, les plus fragiles. Aux ouragans, aux pluies diluviennes qui ont frappé récemment cette terre haïtienne, fallait-il vraiment que succède ce terrible tremblement de terre? Quel peuple, quel pays mériterait un tel acharnement climatique? Que les hommes soient injustes soit, c’est leur grande faiblesse, mais que les Cieux s’en mêlent…..
Depuis que la terre a tremblé à Port-au-Prince, beaucoup a été dit et écrit. Beaucoup le sera encore au cours des prochains jours. Partout on entend que les mots manquent pour dire et décrire ce qui se vit en Haïti. Le silence, la prière pour ceux et celles qui croient, l’écoute parlent peut-être plus fort que tous ces mots dans de telles situations. Et pourtant.
Je garde un émouvant souvenir d’une soirée de poésie en créole à laquelle j’avais assisté, il y a quelques années, à la Maison d’Haïti dans le quartier de Saint-Michel. Je l’avoue et c’était être bien ignorant de ma part, je n’avais aucune idée que de la poésie en créole, cela pouvait exister.
Et pourtant j’étais ressorti de cette soirée profondément ému de la beauté des mots que je ressentais sans les comprendre vraiment mais dont je saisissais l’âme et la force. De cette soirée, j’ai gardé la conviction que ce peuple haïtien est grand, fier, tenace, cultivé, courageux. J’avais compris que ce peuple ne l’avait pas eu facile (et, à l’évidence, il ne l’a toujours pas) mais qu’il savait se relever et repartir.
Il faut se réjouir de l’élan de solidarité qui se met en place partout. Ici et ailleurs. Et évidemment je vous encourage vivement à vous associer à cet élan. Mais quand la vie reprendra à Port-au-Prince, rappelons-nous que si ces hommes et ces femmes se remettent à marcher ce n’est pas d’abord parce que nous aurons, au loin, envoyer fonds et ressources si essentiels puissent-ils être.
Demain, après-demain, dans six mois, quand Haïti se relèvera, c’est d’abord les Haïtiens eux-mêmes qui nous montreront leur force, leur détermination, leur résilience à croire en l’avenir et à croire dans la vie. Les vrais héros, ce sont et ce seront d’abord eux. Et contre cela, aucun tremblement ne devrait réussir à briser un peuple, à casser son espoir.
À M. Ritcher et à son score de 7 sur son échelle, le peuple haïtien opposera, j’en suis certain, un 10, un 50, un 100 sur l’échelle de la volonté pure de se relever, de marcher à nouveau. Avec toute notre sincère affection.
Accroche-toi, brave Haïti
Il arrive malheureusement que l’on vive des catastrophes naturelles un peu comme des « voyeurs », comme si, vu du confort de son salon, tout cela était un divertissant spectacle avec des effets spéciaux impressionnants. Aujourd’hui autour de ce tremblement de terre en Haïti, on sent bien que c’est une toute autre histoire, que chacun est touché, peiné, atteint. Que tout cela n’est pas du cinéma sur grand écran plasma.
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