Cela peut sembler étonnant mais les premières éditions de cette semaine de relâche ont été assez vivement contestées. Comme tout changement, je suppose. Pourtant au fil des ans, l’habitude de s’arrêter au début mars s’est néanmoins ancrée bien solidement dans nos horaires familiaux. On pourrait difficilement imaginer maintenant une année scolaire sans cette semaine d’arrêt. On risquerait une rébellion sinon! À côté de cela, une hausse de 500 % des frais de scolarité semblerait bien anodine aux yeux de nos jeunes.
Avec trois de mes enfants, j’ai fait une virée de quelques jours dans les musées de la région d’Ottawa. Dans notre organisation familiale, la semaine de relâche est traditionnellement un temps de vacances père-enfants. Et c’est un réel plaisir depuis une dizaine d’années que de partir quelques jours en découvertes.
La beauté des voyages en famille est aussi de redécouvrir ses enfants et tout ce qu’ils ont appris au cours des derniers mois. En planifiant notre voyage, nous avons parcouru la documentation touristique et décidé de visiter plusieurs musées dont le Musée des civilisations.
Me croyant bien supérieur intellectuellement, j’ai demandé aux enfants s’ils savaient ce qu’était une « civilisation ». J’ai été littéralement estomaqué d’entendre mon 2e fils me décrire avec force détails la civilisation athénienne et ses caractéristiques (les esclaves, les métèques, les droits du citoyen, la rivalité entre Athènes et Sparte, etc.) qu’il a apprise dans son cours d’histoire de secondaire 1. Un cas classique de l’arroseur arrosé.
Il est tellement devenu de bon ton de penser que les jeunes d’aujourd’hui sont incultes, sans valeur et assommés par la réforme qu’on en vient à oublier qu’ils savent des choses, ont des passions, des doutes et des limites. Comme toutes les générations avant eux. Et après eux.
Un journaliste d’un grand quotidien en lock-out nous a affligés récemment d’une série de reportages « incognito » dans une école secondaire où il semble n’avoir rencontré que des ados impolis, mal élevés et abrutis comme s’il s’agissait d’un troupeau vaguement menaçant. C’est peut-être du bon spectacle pour vendre son journal mais c’est aussi un portrait assez injuste de nos jeunes.
Quand vous rencontrerez un jeune sortant de l’école secondaire Antoine de Saint-Exupéry avec son I-Pod et sa bande d’amis, ne vous désolez pas de tout ce qu’il devrait savoir et qu’il ne sait peut-être pas à vos yeux.
Faîtes plutôt le pari qu’il saurait vous surprendre si vous le questionniez un peu sur Zeus, Athéna, Appolon, Poséidon et toute cette bande de joyeux dieux grecs.
La civilisation athénienne : vous connaissez?
La semaine de relâche vient de se terminer. C’était la 26e année d’existence de cette désormais célèbre semaine d’arrêt scolaire. C’est à M. Paradis, un directeur d’une commission scolaire de la région de Québec que l’on doit l’invention de cette semaine. M. Paradis avait remarqué le haut taux d’absentéisme du personnel et des élèves à la fin de l’hiver. S’inspirant du rythme scolaire français, il avait donc « vendu » l’idée à ses collègues et aux syndicats d’enseignants en arguant que ces « vacances » permettraient à tous de refaire le plein pour les derniers mois de l’année et diminuer ainsi le nombre d’absences.
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