Si ce n'avait été de l'administration de l'ex-maire Marcel Parent, qui a multiplié les démarches pour attirer Communauto, le déploiement de l'autopartage dans Montréal-Nord aurait été lui aussi repoussé à plus tard, comme c'est le cas pour Saint-Léonard et Anjou, où les citoyens devront patienter, bien que les deux arrondissements comptent tous deux d'importants pôles résidentiels dans l'axe de la rue Jean-Talon Est et du boulevard des Galeries d'Anjou.
Communauto planifie continuellement l'ouverture de nouvelles stations, mais l'entreprise à vocation sociale, urbanistique et environnementale fondée en 1994 par Benoît Robert n'aurait pas être prête à faire le saut à Montréal-Nord si elle n'avait pas été fortement invitée par les élus.
Il faut savoir que Communauto déploie son réseau comptant quelque 250 stations sur l'île de Montréal comme une toile d'araignée. Le fait qu'une station se trouve sur la rue Fleury, dans Ahuntsic, soit à moins d'un kilomètre du nouveau point de service de l'hôtel de ville de Montréal-Nord, aurait aussi pesé dans la balance.
« Pourquoi Montréal-Nord avant Anjou et Saint-Léonard ? Parce qu'il y a déjà des abonnés dans cet arrondissement et qu'une station sur la rue Fleury est située à moins d'un kilomètre. Mais, il y a surtout le fait que les élus locaux nous ont approchés. Pour ce qui est des deux autres arrondissements, ça pourrait aller au printemps ou à l'été 2010. On ne peut pas ouvrir trop de stations à la fois, car il y a une période au départ où celles-ci sont déficitaires. Les stations que nous avons ouvertes l'an dernier dans Rosemont, par exemple, commencent à être rentables », indique Marco Viviani, directeur, développement et relations publiques, chez Communauto.
Selon le fondateur et président-directeur général de Communauto, Benoît Robert, l'autopartage se veut d'abord un service de proximité, mais aussi une alternative à l'automobile dormant dans la cour. « Nous sommes établis sur des propriétés privées, dans des stationnements ou des stations-service notamment, mais on travaille aussi avec les élus et les fonctionnaires de différents arrondissements afin d'obtenir de bons emplacements pour faciliter la vie à nos abonnés. »
Selon M. Robert, certains usagers optent pour Communauto quand ils se refusent à acheter un deuxième véhicule ou tout simplement quand leurs besoins véhiculaires sont ponctuels, ce qui leur évite d'ajouter un paiement auto récurrent à leurs dépenses mensuelles. Après tout, les locations de Communauto peuvent se faire pour une période aussi courte qu'une demi-heure et coûter moins cher qu'une course en taxi, avec, en prime, le plaisir de se trouver derrière le volant de temps à autre.
Son équipe et lui travaillent d'ailleurs avec l'industrie naissante du véhicule électrique, en pleine ébullition au Québec et ailleurs sur la planète, notamment avec Mitsubishi, dans le but de faire de la place à moyen terme à des véhicules électriques dans sa flotte comptant quelque 1000 Toyota Yaris.
« On essaie de convaincre des partenaires qui travaillent sur la voiture électrique de tenter l'expérience avec nous, mais aussi d'autres villes qui disposent d'un service comme le nôtre, telles Chicago, Boston et Seattle. Pour les manufacturiers, le fait d'être présents dans plusieurs villes nord-américaines serait une belle vitrine et, pour nous, ce serait une belle fierté d'être les premiers à disposer de véhicules électriques. Plus de 70 % des déplacements effectués par nos 20 000 abonnés se font à l'intérieur d'un parcours aller-retour de 50 km, ce qui correspond à l'autonomie d'un véhicule électrique. »
Communauto- Fondée à Québec en 1994 - Premier service d'autopartage en Amérique du Nord - Présent dans le Grand Montréal, à Québec, Sherbrooke et Gatineau - 20 000 abonnés - Près de 250 stations à Montréal seulement comprenant 1000 véhicules
