Sur l’ensemble du territoire montréalais, on retrouve maintenant plus de personnes de 65 ans et plus (246 090) que de jeunes de moins de 15 ans (244 450). Dans l’est de l’île, cette différence est également notable, alors que pour chaque tranche de 100 jeunes, environ 120 personnes de 65 ans ou plus y vivent. Le vieillissement se fait principalement sentir dans les arrondissements d’Anjou et de Mercier/Hochelaga-Maisonneuve, de même que, dans une moindre mesure, à Montréal-Nord et Saint-Léonard (entre 100 et 120 personnes de 65 ans et plus pour chaque centaine de jeunes de 15 ans et moins). Les deux seuls quartiers où les jeunes sont aussi nombreux que les aînés: Rivière-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles.
C’est également dans RDP/PAT, de même qu’à Saint-Léonard, que l’on retrouve le moins de personnes vivant seules (environ 30 %) dans l’est de Montréal. Dans les autres arrondissements, près de 4 personnes sur 10 vivent isolées.
Et ne comptez pas sur une arrivée massive dans les prochaines années de résidents venant d’autres secteurs de la métropole pour changer cette donnée, puisque les chiffres de Statistique Canada laissent voir un exode des Montréalais vers les banlieues. Au cours des cinq dernières années, 170 000 d'entre eux ont quitté l’île. « La ville perd ses citoyens, laisse entendre Guy Oddo, de Statistique Canada. Les gens vont s’installer sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud, et ce, même s’ils continuent, dans une grande proportion, de travailler sur l’île. Ils préfèrent voyager qu’habiter ici. »
Seul endroit dans l’est de l’île où il y a eu une certaine augmentation de la population: Anjou, avec un différentiel positif de 7 % entre les données de 2001 et celles de 2006.
Pourtant, d’après le dernier recensement de Statistique Canada, la population de Montréal a crû de 5,2 % entre 1986 à 2006, passant de 1 540 816 à 1 620 693.
Une situation attribuable, explique le chercheur, à l’arrivée de nouveaux immigrants qui décident de vivre, pour la plupart, sur l’île de Montréal. « Trois personnes sur dix qui résident à Montréal sont nées en dehors du pays. En plus, la migration internationale est maintenant plus importante que l’accroissement naturel des Montréalais. »
Dans l’Est, cette situation se fait principalement sentir à Montréal-Nord, Saint-Léonard et Rivière-des-Prairies.
Cette immigration expliquerait le niveau de scolarité élevé que l’on retrouve justement dans ces secteurs. « Les immigrants qui arrivent ici ont souvent un diplôme universitaire, indique M. Oddo. De plus, la situation du vieillissement de la population montréalaise serait assurément plus grave s’il y avait moins d’immigration, car la plupart des nouveaux arrivants qui s’installent à Montréal sont âgés entre 15 et 44 ans. »
Cette même immigration a également un effet sur la proportion de personnes parlant plus souvent le français à la maison. De 56,4 % en 2001, elle se situe maintenant à 54,2 %. Et voilà que le transfert ne se fait plus au profit de l'anglais (augmentation de seulement 0,2 % entre les deux recensements), mais plutôt de l’espagnol et de l’italien (7 % de la population ont l’une ou l’autre comme langue parlée à la maison), de même qu’au profit des langues arabes et chinoises (6 %).


