Prolongation s’adresse aux élèves de secondaire deux qui, en raison d’un échec, ne peuvent accéder au deuxième cycle. N’ayant pas atteint l’âge requis pour fréquenter la formation des métiers semi-spécialisés (FMS), ceux-ci se retrouvent souvent dans les limbes du système d’éducation et sont sujets au décrochage scolaire.
« Ailleurs, Prolongation n’existe pas. Les élèves en situation d’échec redoublent. On s’est aperçu qu’ils étaient très démotivés. Redoubler, c’est signer leur arrêt de mort au niveau scolaire, car à la fin de l’année, ils décrochent », fait valoir Delphine Mailet, professeur de français et responsable du groupe Prolongation.
Le programme propose des projets multidisciplinaires où l’on peut intégrer différentes matières académiques. Par exemple, les jeunes devaient planifier un voyage de deux semaines avec un budget de 4000 $.
« Du point de vue mathématiques, ils avaient un budget à tenir, du point de vue historique, ils devaient nous parler de l’histoire du pays visité. Ils justifiaient le choix de leurs activités en fonction de leurs valeurs, ce qui entre dans le cadre du cours d’éthique. Ils ont aussi trafiqué des photos de voyages afin d’intégrer les technologies », explique l’enseignante.
Selon Mme Mailet, cette « pédagogie éclatée » se démarque des autres approches et porte ses fruits. Rock Chouinard, doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal et spécialiste de la motivation scolaire étudie présentement les effets du programme Prolongation, qui en est à ses premiers balbutiements.
Au cours des prochaines années, Mme Mailet prévoit améliorer la formule, notamment, en ce qui a trait à la communication. Elle croit qu’il est primordial de créer des liens entre ces jeunes et la population.
« L’école fait ses petites affaires en catimini et la communauté aussi. Personne ne se parle. Les élèves en Prolongation, il faut les intégrer à la population. Ils vont compléter un diplôme d’études professionnelles (DEP) ou un FMS et se retrouver sur le marché du travail. Ils ont 15 ou 16 ans et ne savent pas toujours ce qu’est le vrai monde. Ce qui va leur rester, après l’école, c’est la maison des jeunes. Il manque quelqu’un en charge des communications pour faire le lien entre l’école et les organismes.
« Ça fait quatre ans que ça roule, mais c’est la première année qu’on essaie cette approche. D’ici trois, ans, on risque d’avoir un projet bien ficelé », conclut-elle.
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