Alphonse-Pesant se mobilise pour les sinistrés
Alors que la grisaille et les pluies incessantes du mois de mai minent toujours le moral des résidents de la Montérégie, un petit rayon de soleil léonardois pointe à l’horizon. Les élèves de l’école primaire Alphonse-Pesant se sont mobilisés et offriront des mots d’encouragement aux sinistrés.

Les élèves de l’école Alphonse-Pesant ont réalisé des cartes pour les sinistrés. Ljsly, Madaci, Achraf et Célina posent en compagnie de Nabil Hadu, enseignant en éducation physique et initiateur du projet. (Photo : Patrick Deschamps)
« On se mobilise lorsqu’il y a un événement international. Quand il y a un tremblement de terre, tout le monde est là. On se cotise, on participe militairement, mais lorsqu’il y a quelque chose [qui se passe] proche de nous, il n’y a rien qui se fait.
« Nos enfants ne sont pas toujours conscients de ce qui se passe. Il y en a même qui ne savent pas c’est où Saint-Jean-sur-Richelieu. Ils ignorent que c’est si près de nous », déplore Nabil Hadu, enseignant en éducation physique et initiateur du projet.
Ce constat a poussé M. Hadu à agir. Avec l’appui de la direction et des autres professeurs, il a décidé de créer des cartes où les jeunes témoignent de leur solidarité par des mots d’encouragement ou des dessins.
Jusqu’à maintenant, 13 des 24 classes que compte l’école ont embarqué dans le projet. Les autres, qui sont présentement en période d’examens, emboiteront le pas bientôt.
Selon l’enseignant, ce projet permet non seulement d’apporter du réconfort aux sinistrés, mais aussi de sensibiliser l’ensemble de la population.
« En dessinant, l’enfant va se poser des questions, il va rentrer le soir à la maison et il va en parler avec ses parents. On les sensibilise », croit M. Hadu.
Il espère que cette initiative incitera d’autres organismes à s’impliquer.
« Si chaque personne met un dollar, on pourrait faire une grosse différence », estime-t-il.
Plus qu’un bricolage
M. Hadu et la direction de l’école étudient présentement la possibilité d’aller donner, en mains propres, le bricolage aux sinistrés. D’autres projets sont également sur la table, notamment la composition d’une chanson.
Mais quel sera l’impact réel de ce projet ?
« Une pensée, ça ne s’achète pas. Savoir qu’il y a quelqu’un qui pense à moi, ça me fait chaud au cœur. Ça crée aussi le lien entre les nouveaux arrivants et les Québécois de souche. Ça permet de corriger certains préjugés », estime M. Hadu, qui rappelle que près de 80 % des élèves de l’école Alphonse-Pesant sont issus d’une minorité culturelle.


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