Plusieurs résidents ont profité du déjeuner-causerie sur la sécurité urbaine pour parler de leurs craintes.
(Photo: Daniel Marchand)
La deuxième phase enclenchée
Plan d'action en sécurité urbaine
La deuxième phase de la réalisation du plan d'action communautaire en sécurité urbaine a débuté, le 14 août dernier, avec la tenue d'un déjeuner-causerie lors duquel plus d'une vingtaine d'intervenants et citoyens ont discuté de leurs craintes. Objectif: se mettre tous ensemble autour de la même table et travailler pour une plus grande sécurité des citoyens de Saint-Léonard.
Rappelons qu'en 2006, le Carrefour des femmes a accepté de réaliser un diagnostic de la sécurité dans l'arrondissement. Ce dernier a été produit au mois d'octobre de la même année. « La suite logique de ce diagnostic est la création d'un plan d'action et pour ce faire, le Carrefour des femmes s'est joint au Centre international pour la prévention de la criminalité (CIPC), qui est chargé d'aider à la réalisation du plan d'action, à l'arrondissement et à la table Concertation Saint-Léonard », explique Daniel Duranleau, coordonnateur de la table.
C'est en partie à Isabelle Lelandais, du CIPC, qu'est revenue la tâche d'animer une première discussion et c'est tout en nuance qu'elle a commenté le diagnostic réalisé il y a quelques mois. « Je dois bien peser mes mots, toujours dans le but de ne pas créer de fausses peurs, a-t-elle expliqué aux participants. Mais il sera nécessaire de bien distinguer ce qui fait partie des insécurités réelles liées à des expériences et ce qui fait partie du sentiment d'insécurité que se créent les gens. »
Parmi les faits saillants, le diagnostic révèle entre autres que Saint-Léonard jouit d'une bonne image et d'un fort sentiment d'appartenance de la part de l'ensemble de la population, immigrante ou non. Par contre, un sentiment d'insécurité viendrait d'une « invasion » des quartiers voisins. En matière de sécurité, les principales préoccupations concernent les gangs de rue, les incivilités ainsi que la vitesse automobile. Le sentiment d'insécurité semble plus fort dans les parcs, les rues, les arrêts d'autobus et les stationnements publics.
Par contre, les statistiques policières ne rejoignent pas nécessairement les craintes de la population. « À Montréal, on note une augmentation de la criminalité alors que Saint-Léonard a connu une baisse de la criminalité de l'ordre de 14,7 % depuis 2001. Par contre, nous avons encore du travail à faire en ce qui a trait aux crimes contre la propriété », souligne le commandant du poste de quartier 42, Sylvain Champagne. Le diagnostic rappelle aussi que Saint-Léonard est situé à la frontière de deux arrondissements présentant de forts taux de crimes avec violence, souvent reliés aux gangs de rue. « Il y a certainement des passages, mais ce n'est pas majeur. Souvent, les résidents ont tendance à exagérer cette présence et les attroupements de jeunes passent souvent, à tort, pour un groupe criminel », ajoute le commandant.
Propositions
Après la présentation du bilan, le temps était aux suggestions. Afin de réaliser un plan d'action qui répond vraiment aux attentes des Léonardois, les participants y sont allés de leurs propositions: augmenter la surveillance policière, éclairer davantage les rues, mieux délimiter les pistes cyclables, sensibiliser les citoyens, créer plus de traverses piétonnières et augmenter la disponibilité du transport scolaire sur le territoire.
« Ce sont toutes des suggestions qui méritent une attention particulière et ce sera désormais au comité de suivi de voir ce qui se fait déjà et de gérer le tout avec cohésion afin d'éviter les doublons », explique Mme Lelandais.
« Je dois bien peser mes mots, toujours dans le but de ne pas créer de fausses peurs »
- Isabelle Lelandais, CIPC