Avant de se donner la main et d'encercler le pavillon Wilfrid-Bastien, les femmes étaient invitées à écrire un mot aux autres femmes, en signe de solidarité.
(Photo: Éric Carrière)
Donnons-nous la main
Un geste de solidarité envers les femmes
Elles s'appellent Lucette, Rita, Yolande ou Jeannette. Une chose les unit : elles ont, un jour ou l'autre dans leur vie, vécu une épreuve difficile. Afin de démontrer leur appui et leur solidarité, elles et 60 autres femmes ont pris part à la première chaîne de solidarité, une initiative du Carrefour des femmes de Saint-Léonard qui a eu lieu le 12 septembre dernier.
L'objectif de cette chaîne de solidarité: tenter d'encercler le pavillon Wilfrid-Bastien. « Nous avions calculé qu'il faudrait environ 170 femmes pour réussir à faire le tour en se tenant par la main. Nous avons donc distribué des macarons pour faire connaître l'événement à nos membres et lors de la Fête du citoyen, explique Diane Lavergne, la directrice du Carrefour. Malheureusement, nous n'étions pas assez, mais nous l'avons fait pour la symbolique. »
Tout de même déterminées à encercler le pavillon, les femmes ont pris l'initiative de marcher tout autour en se tenant la main. « Lorsqu'une femme sait qu'elle n'est pas seule, ça lui donne le soutien nécessaire pour continuer. Nous voulons qu'elles sachent que nous sommes là pour les accompagner et les soutenir. Au fond, c'est un premier pas à faire dans la résolution d'un problème », estime Mme Lavergne.
Éloigner la solitude
Des femmes dans le besoin, Mme Lavergne et les autres intervenantes du Carrefour des femmes en ont connu beaucoup. Heureusement, plusieurs s'en sortent et peuvent désormais profiter de la vie. C'est le cas de Rita qui, après un deuil difficile à faire, se donne aujourd'hui le droit d'être heureuse. « Ça me fait drôle de venir au Carrefour pour moi parce que toute ma vie, je l'ai donnée pour les autres. J'ai connu l'organisme lorsque j'étais en dépression et depuis, j'ai complètement changé. Je ne voudrais pas revenir en arrière », confie-t-elle.
Quant à Lucette, c'est une amie qui l'a initiée au Carrefour. « Il y a 15 ans déjà! J'ai appris que j'avais un cancer et plus que trois mois à vivre. Mon amie m'a invitée à une conférence donnée par une infirmière du CLSC qui, à la fin, m'a remis un livre en me disant que j'allais tout comprendre. À partir de ce moment-là, j'ai donné tout mon cœur et toute ma passion au Carrefour et je suis toujours vivante aujourd'hui », confie-t-elle, heureuse.
Jeannette, elle, c'est comme le papillon qui est sorti de son cocon. Depuis quatre ans, elle fréquente le Carrefour et tous s'entendent pour dire qu'elle a fait énormément de progrès. « J'étais toujours dans mon coin. Je savais que l'organisme existait, mais je ne venais pas et quand je venais, je ne parlais à personne », raconte-t-elle, encore un peu gênée, mais visiblement fière du chemin parcouru. Maintenant, elle fait du bénévolat, elle s'implique et elle a même trouvé le moyen d'amasser un peu d'argent pour l'organisme en vendant quelques-unes de ses créations au Salon de Noël.
À 82 ans, Yolande a la tête pleine de projets. C'est pour se garder vivante qu'elle dit. « Pas question de me laisser aller! Le Carrefour m'apporte du bonheur et les intervenantes sont merveilleuses. Ma famille s'inquiète moins de me savoir occupée. Au fond, je viens chercher l'énergie nécessaire pour continuer! »
(Photo: Éric Carrière)