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« Moi, j'ai peur! »

- Jenessa, 2 ans

Mariève Tremblay par Mariève Tremblay
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Article mis en ligne le 21 novembre 2007 à 11:43
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« Moi, j'ai peur! »
Les locataires de la Place Jarry vivent dans des conditions d'insalubrité extrêmes. (Photo: Nicolas Marcoux)
« Moi, j'ai peur! »
- Jenessa, 2 ans
Dans le cadre de la Semaine nationale d'actions du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un petit groupe de personnes se sont rencontrées, le 25 novembre dernier, à la Place Jarry, un immeuble à logements considéré insalubre depuis plusieurs années déjà. Ils ont profité de l'occasion pour proposer des mesures permettant de convertir cet immeuble en logements sociaux.
Selon Sylvie Dalpé, coordonnatrice d'Action dignité, le comité logement de l'arrondissement, il est grand temps que quelque chose se passe dans ce dossier. « C'est inacceptable qu'en 2007, des gens vivent dans cette situation! Il y a eu plusieurs plaintes, mais nous avons affaire à un propriétaire récalcitrant qui ne veut rien faire pour améliorer le sort de ses locataires. La seule façon d'en finir avec l'insalubrité des 133 logements de Place Jarry, c'est d'en faire du logement social », affirme Mme Dalpé.

Selon François Saillant, du FRAPRU, la Semaine nationale d'actions est le moment de passer un message au gouvernement. Il faudrait, selon lui, doubler le nombre de logements sociaux sur l'île de Montréal, et ce, dans un délai raisonnable. « Il doit s'engager à long terme. Ce n'est pas 2000 logements en deux ans qui amélioreront la situation de milliers de locataires. Il faut voir ça comme un investissement et non comme une dépense. L'argent est là, il suffit de faire les bons choix », estime-t-il.
Une vie difficile
Des locataires en mauvaise position, il y en a plusieurs à la Place Jarry. En fait, moins depuis les derniers mois, puisque la majorité d'entre eux ont tout simplement décidé de déserter. Si certains ont réussi à se trouver quelque chose de mieux, d'autres, moins chanceux, se retrouvent sans rien.
« Moi, je suis dans la rue, explique un homme venu se joindre au petit groupe de personnes qui assistait à la conférence de presse. J'avais 572 $ d'aide sociale et mon logement m'en coûtait 475 $. Comme celui-ci se détériorait jour après jour, j'ai décidé d'arrêter de payer mon loyer. Le propriétaire n'a pas attendu trop longtemps avant de me traîner devant la Régie du logement. J'ai perdu ma cause et je me retrouve à la rue », raconte-t-il, visiblement enragé.

La maman de Jenessa, une petite fille de 2 ans, a aussi vécu une situation plutôt traumatisante. L'événement remonte à quelques mois. Alors qu'elle écoutait la télévision, elle a entendu un bruit tellement fort qu'elle n'a plus rien entendu pendant quelques secondes. « Il était 15 h 40 et je ne comprenais vraiment pas ce qui se passait. Je pensais seulement à mes deux filles qui allaient revenir de l'école bientôt et je m'inquiétais. Mon fils, qui était dans sa chambre, est sorti pour me demandais si tout allait bien. En sortant de l'appartement, on a vu que des coups de feu avaient été tirés dans l'appartement voisin », explique la résidente. Après une courte investigation, elle s'est bien rendue compte que personne n'allait parler, même qu'elle et son fils ont reçu des menaces s'ils disaient quoi que ce soit au sujet de cet événement. Jenessa, la plus jeune des quatre enfants de la résidente, le dit clairement: « Moi, j'ai peur! ». « Sept cent soixante-quinze dollars par mois, c'est cher payé pour un logement où nous ne sommes même pas en sécurité. C'est sans compter que l'eau ne fonctionnait pas et que j'ai dû arranger moi-même le chauffage », avoue la mère, qui dit ne pas vouloir rester à cet endroit bien longtemps.

(Photo: Nicolas Marcoux)
> Locataires à Saint-Léonard
- À Saint-Léonard, 65,9 % des ménages sont locataires

- De ces 65,9 %, 15 % consacrent 59 % de leurs revenus à se loger.

- Il y a 351 unités de logements sociaux dans l'arrondissement, alors que plus de 1000 ménages sont sur la liste d'attente pour y habiter.

- 1025 logements auraient besoin de réparations majeures.

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