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Mulcair plaide pour une reconnaissance des compétences

Commission Bouchard-Taylor

Steve Caron par Steve Caron
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Article mis en ligne le 19 décembre 2007 à 15:35
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Mulcair plaide pour une reconnaissance des compétences
Commission Bouchard-Taylor
L’intégration sociale des immigrants passe inévitablement par leur intégration économique au marché du travail. Pour éviter que des médecins étrangers ne deviennent des chauffeurs de taxi, les compétences professionnelles des nouveaux arrivants doivent être reconnues.
Devant la commission Bouchard-Taylor, le député d’Outremont, Thomas Mulcair, a plaidé en faveur d’une reconnaissance plus rapide des diplômes obtenus à l’étranger de la part des ordres professionnels. La méthode qu’il préconise pour atteindre cet objectif passerait par « une intervention musclée et déterminée du gouvernement ».

Tout comme plusieurs autres avant lui, M. Mulcair dénonce le protectionnisme de certains ordres professionnels. La reconnaissance des diplômes étrangers permettrait d’éviter que de nouveaux arrivants se retrouvent en situation de pauvreté, en plus de contribuer collectivement à la richesse du pays.

Le gouvernement doit agir et ne pas attendre que les ordres professionnels changent les règles eux-mêmes. Il doit prendre les devants sans plus attendre, estime M. Mulcair, qui a d’ailleurs été à la tête de l’Office des professions du Québec, une organisation qui scrute les ordres professionnels pour s’assurer qu’ils agissent pour le bien de la population.

Dans certains secteurs, la pénurie de main-d’oeuvre ralentit l’activité économique. Les nouveaux arrivants qui choisissent de s’établir au Québec et qui possèdent les compétences requises pourraient très bien combler ces emplois. Encore faut-il qu’on leur en donne la chance.

Et le problème, il est là. Par exemple, un médecin étranger spécialisé a de la difficulté à pouvoir pratiquer ici. Pourtant, le corps d’un homme ou d’une femme, qu’il soit asiatique, haïtien ou caucasien, est identique. Il s’agit du même corps.

Le dentiste de Georges Sayegh, un immigrant arrivé au Québec en 1961 et chef d’entreprise, est lui-même immigrant. Dans son pays, il possédait son propre cabinet. Quand il est arrivé au Québec, il a dû reprendre sa formation avant de pouvoir pratiquer de nouveau.

« Des dents, ce sont des dents ! C’est complètement ridicule d’interdire à quelqu’un de pratiquer son métier alors qu’il est qualifié. Il faut faire quelque chose pour que de telles situations ne se produisent. »

De leur côté, les ordres professionnels du Québec affirment avoir fait beaucoup de progrès en matière de reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger. Louis Beaulieu, président du Conseil interprofessionnel du Québec, défend son organisme.

« En 10 ans, 84 % des demandes d’équivalence en vue d’obtenir un permis professionnel ont été totalement ou partiellement acceptées. De ce nombre, un tiers des demandes ont mené directement à la délivrance d’un permis et deux tiers ont fait l’objet d’une formation d’appoint, allant de quelques cours à une formation plus approfondie. »

La situation ne serait pas pire au Québec que dans certains pays. Il est très difficile de se faire reconnaître comme un professionnel dans des pays de l’Union européenne ou aux États-Unis, ajoute M. Beaulieu.

Pour améliorer la situation, les universités et cégeps doivent faire partie de la solution en mettant sur pied des formations d’appoint pour ces professionnels diplômés à l’étranger. Comme actuellement les programmes courts pour ce genre de situation n’existent pratiquement pas, on demande aux gens de suivre de nouveau la formation complète.

S’il faut en croire M. Beaulieu, ce n’est donc pas la volonté des ordres professionnels qui fait défaut, mais plutôt un manque d’outils pour répondre aux besoins que la situation exige.

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