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Dominic Perri lance un appel d'urgence

Mariève Tremblay par Mariève Tremblay
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Article mis en ligne le 21 mars 2008 à 10:29
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Dominic Perri lance un appel d'urgence
Prendre un bon verre de vin à proximité d'un feu de foyer était chose courante pour Dominic Perri, conseiller à l'arrondissement de Saint-Léonard. Pourtant, depuis quelque temps, son foyer ne chauffe plus. C'est qu'il s'est lancé dans une guerre contre les particules fines provenant de la combustion du bois, celles-là mêmes qui, selon lui, polluent beaucoup plus qu'on ne pourrait le croire…
« J'étais de ceux qui achetaient quatre ou cinq cordes de bois l'hiver et qui trouvaient ça relaxant, un bon petit feu en fin de soirée, confie d'entrée de jeu le conseiller. Ma fille, qui est oncologue, me disait à l'époque à quel point le chauffage au bois était nocif pour la santé, mais je ne m'en faisais pas vraiment avec ça. Un jour, je suis tombé sur un article de La Presse qui mettait en lumière les travaux du Dr Jack Siemiatyck, aussi professeur à l'Université de Montréal. On pouvait y lire que le chauffage au bois était directement lié au cancer du poumon. »

C'est à partir de ce moment que M. Perri a commencé à se questionner. Après plusieurs rencontres avec des professionnels de la santé, le conseiller était convaincu: il devait faire quelque chose pour aviser les gens du danger qui les guettait. « À Saint-Léonard, plus de 5600 citoyens ont un foyer dans leur maison et contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, ce n'est pas les industries qui causent le plus de particules fines dans l'est de Montréal, mais bien le chauffage au bois », explique-t-il, visiblement concerné par la problématique.

D'ailleurs, l'Office mondial de la santé (OMS), dans ses recommandations, explique qu'une personne ne devrait pas respirer plus de 25 microgrammes/m³ de particules fines sur une durée de 24 heures, alors que par temps froid, Montréal a déjà enregistré une moyenne de 35 microgrammes/m³ de particules fines en trois heures.

Selon Dominic Perri, cette problématique est clairement visible sur le site de la Ville de Montréal qui, grâce à des stations de mesure de la qualité de l'air, évalue chaque jour la quantité de particules fines présentes dans divers secteurs du territoire. Si l'indice de qualité de l'air (IQA) se situe entre 1 et 25, l'air est bon. Entre 26 et 50, la qualité de l'air est acceptable et à plus de 51, l'air est mauvais. « Ce qui est dommage, c'est que la plupart du temps dans l'est de Montréal, l'air est acceptable ou mauvais et c'est à cause de l'émission de particules fines », mentionne le conseiller.

À titre d'exemple, le 7 février dernier, jour de tempête à Montréal, l'IQA au parc Pilon de Montréal-Nord affichait 47 et celui de la rue Ontario, dans Ville-Marie, était de 13. « C'est pas juste une différence de deux ou de trois! Ce qui est encore plus grave, c'est que ce n'est pas seulement nocif pour les gens qui vivent dans une maison où il y a un foyer, mais aussi pour tous ceux qui habitent autour! »

Pour l'instant, aucune loi ne réglemente l'utilisation du foyer au bois et l'arrondissement n'est pas prêt à légiférer sur le sujet. Par contre, Dominic Perri recommande aux citoyens de réfléchir avant d'utiliser leur bois de chauffage. « C'est un problème reconnu et directement lié à de graves problèmes de santé. Nous avons le pouvoir d'agir en réduisant l'utilisation de notre foyer au bois! En attendant, j'aimerais bien que les résidents disent ce qu'ils attendent des élus à ce sujet. Moi, je suis bien prêt de continuer à me battre puisqu'au fond, ça pourrait bien sauver des vies », conclut-il.

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