Daniel Duranleau, coordonnateur de Concertation Saint-Léonard, réclame un local communautaire pour les résidants qui vivent des conditions de vie plus difficiles dans le secteur Viau-Robert. (Photo: Éric Carrière)
Concertation Saint-Léonard réclame un local communautaire pour les résidants du secteur Viau-Robert
À Saint-Léonard, il fait bon vivre depuis des générations. Des milliers d’arbres, des dizaines de parcs et de multiples services répartis à la grandeur de l’arrondissement procurent aux citoyens une qualité de vie qui, rappelle Daniel Duranleau, coordonnateur de Concertation Saint-Léonard, n’est malheureusement pas le lot de l’ensemble des 71 000 résidants.
« Oui, en général, ça va bien à Saint-Léonard, et tant mieux. On a plusieurs atouts, mais il y a des secteurs précis qui mériteraient une attention particulière, notamment le carrefour des boulevards Viau et Robert, où vivent des gens qui ont besoin d’aide et de soutien », souligne-t-il. Il faut se préoccuper des conditions d’habitation au Domaine Renaissance en multipliant l’offre de services. « C’est un sacré défi, laisse-t-il entendre, et c’est une zone d’intervention prioritaire où tout reste à faire. »
À l’occasion de la commémoration de la Journée mondiale du refus de la pauvreté, le 17 octobre dernier, M. Duranleau, flanqué d’une trentaine de membres d’organismes communautaires, a brossé le portrait des gens démunis vivant dans l’arrondissement. Il a profité de l’occasion pour réitérer que pauvreté et exclusion vont de pair.
« En même temps qu’on souhaite une intervention concertée dans le secteur Viau-Robert, on ne veut pas que les gens qui y vivent soient étiquetés. (…) Selon nous, ça prend un local communautaire dans ce coin où on retrouve 400 logements occupés, pour beaucoup, par des immigrants qui pourraient y apprendre le français pour mieux s’intégrer. On travaille avec l’arrondissement pour que ce local voit le jour, car ça prend des cours de français, oui, mais aussi diverses autres activités. Il faut se demander comment on fait atterrir ça pour que les besoins et intérêts concordent avec la réalité de ces familles. Car, par revitalisation de ce secteur, j’entends bien sûr l’amélioration des conditions d’habitation, mais la revitalisation, c’est aussi un état d’esprit. Il ne faut plus laisser les gens à eux-mêmes. »
Aller plus loin que la traditionnelle charité
Selon M. Duranleau, à Saint-Léonard, « il faut développer un nouvel axe, une nouvelle approche, pour rejoindre le plus de gens possible et comprendre comment on peut travailler avec eux en allant plus loin que la charité traditionnelle. Oui, c’est nécessaire de nourrir les gens et ça demeure une préoccupation importante, mais il y a de multiples autres besoins à remplir. Il faut, par exemple, que les gens aient accès aux services qui existent et qu’ils brisent leur isolement. Il faut développer plus de lieux familiaux, car ceux existant débordent. Il faut permettre aux gens de fraterniser et de se rencontrer. »
Dans l’arrondissement, en 2001 (les chiffres du recensement de 2006 en cette matière ne sont pas encore disponibles), 4265 personnes, ou 6 % de la population, composaient avec des conditions matériellement et socialement défavorables. Soixante pourcent des Léonardois (41 539 personnes) vivaient des conditions matériellement plus défavorables (pas socialement) et 25 % (17 719 personnes) se situaient dans la moyenne. « La question, ce n’est pas de culpabiliser les gens, mais c’est de dire qu’il y a un défi qui doit être une cible prioritaire, car on ne peut pas être satisfait quand il y a autant de travail à faire pour améliorer le sort de tant de gens. »
M. Duranleau souligne que Concertation Saint-Léonard planche, avec ses partenaires, le CLSC, l’arrondissement, le Carrefour jeunesse-emploi et Accueil Saint-Léonard, pour « prendre la balle au bond » et améliorer le quotidien des gens démunis.
Portrait des acteurs de la pauvreté à Saint-Léonard
- Femmes de 75 ans vivant seules avec des revenus minimes
- Parents avec enfant souffrant d’une déficience intellectuelle ou un handicap
- Personnes malades qui perdent leur pension d’invalidité à 75 ans
- Mères monoparentales avec plusieurs enfants
- Immigrés pendant le délai de carence de trois mois suivant leur arrivée
- Salariés et travailleurs à faibles revenus
- Prestataires de l’aide sociale
- Gens vivant avec un problème de santé mentale
- Personnes seules
- Gens peu scolarisés