Noureddine Touati, un Algérien de 34 ans qui vit à Saint-Léonard depuis plus de trois ans, a sauvé une femme de la noyade en avril 2006, ce qui lui a valu récemment d’être décoré de la Médaille du civisme lors d’une cérémonie tenue à l’Assemblée nationale. (Photo: Éric Carrière)
Un héros de Saint-Léonard décoré de la Médaille du civisme
Le 16 avril 2006, la journée de Noureddine Touati, un Algérien vivant au Québec depuis à peine un an, s’annonçait comme toutes les autres. Le jeune père de famille regardait la télé quand un de ses amis lui a proposé d’aller faire un brin de magasinage, puis un tour d’auto.
Pendant que les deux amis circulaient à Laval, en bordure de la rivière des Prairies, un passant affolé leur a demandé d’immobiliser leur véhicule en leur disant qu’une personne était tombée dans les eaux glaciales.
Il n’en fallait pas plus pour que M. Touati, un résident de l’arrondissement de Saint-Léonard, se déshabille et saute à l’eau, un geste qui a permis non seulement de sauver la vie d’une femme de 53 ans, mais de changer sa vie.
« Sans réfléchir, j’ai sauté à l’eau. Quand je suis arrivé près d’elle, j’ai constaté qu’il s’agissait d’une femme. Je lui ai dit de rester tranquille et j’ai commencé à la ramener vers la rive. Mais le courant me gênait et j’avalais beaucoup d’eau. Le froid m’enlevait des forces et j’ai dû lutter contre le découragement pendant une vingtaine de minutes. Une fois sur la terre ferme, les secours m’ont donné une couverture d’aluminium pour éviter que je souffre d’hypothermie. Je ne sentais plus mon corps », relate l’homme de 34 ans dont la femme doit donner naissance à leur deuxième enfant au début de l’année 2009.
« Les policiers de Laval m’ont dit que ce n’est pas tout le monde qui aurait fait ça, mais pour moi, c’est naturel, c’est humain. Je ne peux pas laisser quelqu’un mourir devant moi. Je referais la même chose sans hésiter. J’aimerais d’ailleurs sauver des vies et en faire un métier », dit-il.
Récemment, M. Touati recevait la Médaille du civisme à l’occasion de la 23e cérémonie Hommage au civisme. Cet honneur est décerné à une personne ayant accompli un acte de civisme exceptionnel dans des circonstances périlleuses.
Sa femme, sous le choc après l’appel de l’hôpital, « m’a dit que j’avais risqué ma vie, mais pour moi, il n’y avait rien d’autre à faire que de sauter à l’eau. Je ne pouvais pas rester les bras croisés ». M. Touati, qui a été hospitalisé après son geste héroïque, affirme que c’était son premier séjour à vie dans un centre hospitalier.
Quant à la victime, M. Touati a tenu à s’enquérir de son état de santé. « Elle a été dans le coma pendant trois ou quatre jours, mais je lui ai parlé 10 jours après les événements. Elle m’a dit qu’elle regrettait de s’être jetée à l’eau, elle qui voulait se suicider. Nous nous sommes appelés quelques fois et elle est même venue chez moi. Mais, il y a un moment que je ne lui ai pas parlé. Aux dernières nouvelles, elle allait mieux, elle avait repris son travail. »
Noureddine Touati, qui a aussi reçu une médaille des mains du commandant de la police de Laval, Jean-Pierre Gariépy, sourit quand il repense à cette journée qui s’annonçait routinière. « J’étais assis tranquillement chez moi et quelques minutes plus tard, je sauvais une vie en sautant dans la rivière. La vie est pleine de surprises. »