« Le défi consiste à construire un tissu social qui rende le quartier vivant et intéressant », estime la directrice générale de la CDEST, Thérèse Ste-Marie.
(Photo: Régent Gosselin)
Vingt ans au service du développement local
La CDEST garde le cap sur l'essor du territoire
Entrepreneuriat, culture, économie sociale : la Corporation de développement de l'est est active sur tous les fronts. Son pari : aider une communauté durement éprouvée par la désindustrialisation à se prendre en main et à relever la tête. Une mission qu'elle n'a pas perdue de vue en vingt ans d'existence.
Du bureau de la directrice de la CDEST, Thérèse Ste-Marie, on a une vue imprenable sur plusieurs symboles de la revitalisation du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Depuis l'ancienne usine de l'American Can, où l'organisme a élu domicile récemment, on se trouve à un jet de pierre de la Promenade Ontario, de la nouvelle maison de la culture et de plusieurs bâtiments récemment rénovés.
Il y a vingt ans, le portrait était fort différent. Les manufactures qui fournissaient de l'emploi aux gens du quartier fermaient leurs portes les unes après les autres. Toute une population peu qualifiée se retrouvait à pointer à l'assistance emploi. La CDEST, nouvellement créée, avait alors une énorme tâche de revitalisation devant elle.
«On faisait face à une problématique importante de sous-scolarisation. Il fallait trouver des solutions pour améliorer la qualité de la main-d'œuvre et pour développer de l'emploi», résume la directrice.
Avec la création des centres locaux de développement, le mandat de la corporation s'est élargi. Grâce à de nouveaux outils de financement, elle a ajouté des cordes à son arc, notamment en matière de soutien au démarrage d'entreprise. « Grâce au Fonds d'investissement en économie sociale et au Fonds local d'investissement, nous pouvons désormais intervenir là où les institutions financières ne vont pas », indique Mme Ste-Marie.
L'intérêt de la communauté avant tout
La CDEST a contribué entre autres au démarrage de SOS Vélo, un success-story d'entreprise d'insertion dont le chiffre d'affaires frôle le million de dollars aujourd'hui. Elle accompagne aussi de jeunes entreprises de pointe, comme Digicharm, un précurseur de la signalisation électronique, ou Collection Innova, un fabricant de vêtements adaptés pour personnes en perte d'autonomie.
Sous sa houlette, de nombreuses petites PME ont vu le jour, comme le bistro In Vivo, le Café Lubu ou encore la boulangerie Baguette et bagatelles, amenant une nouvelle génération de commerces spécialisés dans le quartier.
Derrière chaque nouveau projet demeure la même préoccupation: tirer le meilleur profit pour la communauté. Le futur Stade Saputo, le déménagement du Planétarium, l'aménagement des terrains de la Fonderie canadienne d'acier, le développement du marché Maisonneuve: autant de dossiers qui sont examinés à la loupe sous l'angle des retombées locales.
Du pain sur la planche
Car les défis restent nombreux. Dans Mercier, par exemple, le réaménagement du site Contrecoeur, où l'on prévoit construire un millier de logements, interpelle vivement, au même titre que l'avenir de la Promenade Bellerive.
La vocation du secteur commercial Hochelaga-Desormeaux, avec une population vieillissante, est également dans la mire. «Il faut s'assurer que les produits offerts sur cette artère répondent à l'évolution socio-économique du territoire», estime Mme Ste-Marie. L'appauvrissement du secteur Mercier-Ouest inquiète également ainsi que l'enjeu de l'intégration des communautés culturelles en croissance.
« Il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour assurer le développement économique du territoire, assure Mme Ste-Marie. Le défi consiste à construire un tissu social qui rende le quartier vivant et intéressant. Nous sommes en train de réussir cela. »
La CDEST soulignera son 20e anniversaire avec plusieurs activités. Un comité des anciens a été mis sur pied. On y retrouve notamment d'ex-dirigeants de l'organisme, comme Gaétan Desrosiers, aujourd'hui à la Régie des installations olympiques, Danièle Aveline, fonctionnaire à la Ville de Montréal, et Laurent Blanchard, conseiller d'Hochelaga.
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(Photo: Régent Gosselin)