« Le projet de la place Valois a été dilué », constate Roger Gallagher, directeur de promenade Ontario. (Photo: Régent Gosselin)
La place Valois : un « work in progress », pas un « fiasco »
Les démarches entreprises par l'arrondissement contre deux promoteurs immobiliers qui auraient causé des dommages à la place Valois n'ont rien fait pour réchauffer les relations déjà sibériennes entre les marchands de la promenade Ontario et la Direction de l'aménagement urbain.
En octobre dernier, l'arrondissement prenait les mesures nécessaires pour saisir les 80 400 $ de dépôt de garantie versés par les promoteurs Immeubles Vario et Samcon, responsables de la construction des nouveaux bâtiments entourant la place Valois.
La Direction de l'aménagement urbain estime à 129 000 $ les divers dommages causés par les entrepreneurs, durant la construction des condos, à cette place publique aménagée en 2005 au coût de 2 M$. Elle accuse notamment les deux entreprises d'avoir abîmé des bordures du trottoir en granit, fissuré la dalle et causé des dégâts aux arbres ainsi qu'aux lampadaires installés sur place.
La publication d'un article intitulé « Le fiasco de la place Valois » dans le quotidien La Presse, sous la plume d'Éric Clément, qui dresse un constat désastreux du projet, a contribué à renvoyer les différents protagonistes dos à dos.
« On marche sur le progrès »
Pour le porteur du dossier de la place Valois, Roger Gallagher, la pilule est dure à avaler. « On a travaillé fort pour faire venir des investisseurs chez nous, dans l'Est, et voilà comment on les reçoit. Cela fait mal à notre image », estime le directeur de Promenade Ontario, qui évalue à une vingtaine de millions les investissements qui seront réalisés au final autour de la place publique.
Après avoir porté à bout de bras le projet, qui comprenait au départ un tramway et une maison de la culture, la promenade Ontario s'estime tenue à l'écart des décisions prises par l'arrondissement pour développer le secteur. « On n'est pas consultés », déplore M. Gallagher. Il reproche notamment à l'arrondissement d'avoir élargi l'affectation des locaux commerciaux qui seront situés au rez-de-chaussée d'un des bâtiments, pour accueillir, par exemple, un denturologiste ou un marchand de meubles. Dans les plans initiaux, on privilégiait les restaurants et cafés-terrasses pour créer une ambiance « européenne ».
Le directeur de promenade Ontario reproche aussi aux services de l'arrondissement d'avoir planté des arbres malades, qui n'ont développé aucune feuille, et installé des lampadaires blancs « bas de gamme » au lieu des éclairages noirs prévus initialement. « On marche sur le progrès », estime-t-il.
Renouer le dialogue
Dans une lettre adressée au président de promenade Ontario, Said Amiri, après la parution de l'article dans La Presse, la mairesse de l'arrondissement, Lyn Thériault Faust, dénonce les propos tenus par M. Gallagher dans ce contexte et écrit souhaiter « que s'instaure un dialogue véritable entre notre service de l'aménagement urbain et l'Association des commerçants de la promenade Ontario. »
« Les partenaires sur le terrain doivent continuer à travailler non seulement sur la finalisation de la place Valois, mais aussi sur d'autres dossiers, comme l'étude de marché commencée pour étendre la promenade Ontario jusqu'au marché Maisonneuve », souligne Laurent Blanchard, le conseiller d'Hochelaga. « On doit également travailler ensemble sur la réactivation du programme Opération commerce, ainsi que sur la question des terrasses et la cohabitation avec les piétons et les poussettes. »
Selon lui, la démarche entreprise pour retenir les montants déposés en garantie par les promoteurs de la place Valois n'est pas exceptionnelle. « C'est une démarche courante de retenir des montants en début de travaux », indique-t-il, ajoutant que dans plusieurs projets, des entrepreneurs ont dû défrayer certaines sommes pour réparer, par exemple, des trottoirs abîmés. « Il y aura des négociations sur ce qu'ils vont admettre avoir fait. »
Le conseiller mentionne que la place Valois n'est pas encore terminée et qu'il reste plusieurs éléments à attacher. Le 30 octobre, les derniers détails ont été réglés pour permettre le développement d'un terrain de la Ville qui fait face à la place publique, à l'angle sud-ouest de la rue Ontario. Les Habitations Laurendeau, qui ont remporté l'appel d'offres, y construiront un projet mixte résidentiel et commercial. Les premiers coups de pelle devraient avoir lieu avant les grands froids, précise M. Blanchard.
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