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Air Canada réduira sa capacité de 7 pour cent: jusqu'à 2000 emplois seront perdus

Presse Canadienne Article mis en ligne le 16 juin 2008 à 23:00
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Air Canada réduira sa capacité de 7 pour cent: jusqu'à 2000 emplois seront perdus
Un avion d'Air Canada est aperçu sur cette photo d'archives. LA PRESSE CANADIENNE/Aaron Harris
MONTREAL - A l'instar de plusieurs gros joueurs de l'industrie mondiale du transport aérien, Air Canada a annoncé mardi qu'elle devra réduire sa capacité pour faire face à la hausse fulgurante du prix du carburant, une mesure qui entraînera jusqu'à 2000 suppressions de postes à tous les échelons de son organisation.
Dans un communiqué, émis en début de matinée, le transporteur aérien canadien a de plus laissé entendre que d'autres mesures du même genre seront nécessaires si le prix du carburant continue sa progression.
Le transporteur aérien comptait près de 24 000 employés à la fin de 2007.
Air Canada compte entreprendre une réduction de 7 pour cent de sa capacité au cours du quatrième trimestre de 2008 et du premier trimestre de 2009. Ses effets sur le parc aérien de l'entreprise et sur son personnel se feront ainsi sentir dès la mise en oeuvre des horaires d'automne et d'hiver.
"Je regrette de devoir poser ces gestes, mais ils sont nécessaires pour que nous puissions demeurer compétitifs", a affirmé le président et chef de la direction, Montie Brewer.
Air Canada dit que, comme la plupart des autres transporteurs mondiaux, elle doit adapter ses activités et supprimer les vols qui sont devenus déficitaires compte tenu du prix actuel du carburant. Le carburant constitue le principal poste de dépense du transporteur. Il représente plus de 30 pour cent des charges d'exploitation de l'entreprise. Aux prix actuels, Air Canada dit qu'elle verra ses coûts augmenter de près de 1 milliard $ cette année par rapport à 2007.
Chaque hausse de 1 $ du baril de brut se traduit par une augmentation annuelle de 26 millions $ en coûts de carburant pour Air Canada.
M. Brewer a averti que si le prix du carburant ne baisse pas, d'autres réductions de la capacité pourraient être envisagées.
Air Canada déplore par ailleurs qu'en plus de la hausse record des prix du carburant, les transporteurs canadiens soient forcés de composer avec des taxes fédérale et provinciales sur le carburant, des droits de sûreté et des redevances d'aéroport qui sont parmi les plus élevés au monde aujourd'hui.
Au cours du dernier trimestre de l'exercice en cours et du premier de 2009, Air Canada prévoit réduire la capacité de ses vols intérieurs de 2 pour cent, celle des vols transfrontaliers de 13 pour cent et celle des vols internationaux de 7 pour cent, soit une réduction totale de la capacité réseau de 7 pour cent pour les deux trimestres comparativement aux mêmes périodes de l'exercice précédent.
Du côté de son rival WestJet, aucune coupure de personnel ou réduction du nombre de vols offerts n'est prévue.
Les différents syndicats d'Air Canada ont pris connaissance des coupures mardi matin. Le président de l'Association des pilotes d'Air Canada, Andy Wilson, a souligné que les plans du transporteur aérien ne sont pas finaux. "Je crois que nous analyserons des solutions créatives pour minimiser les impacts (de la hausse du carburant et des prix des billets) tant sur la compagnie aérienne que sur les pilotes", a-t-il déclaré.
Le président des Travailleurs canadiens de l'automobile, Buzz Hargrove, ne s'est pas montré surpris de la décision d'Air Canada. "L'annonce faite aujourd'hui vient nous rappeler une fois de plus que les travailleurs de sociétés aériennes continuent de subir les conséquences économiques de la déréglementation, de la capacité excédentaire, de la concurrence à outrance et, maintenant, de hausses marquées des prix du carburant", a déploré M. Hargrove.
Un professeur de gestion stratégique de l'Université de Toronto, Joseph D'Cruz, affirme que l'entreprise n'a pas bien géré son annonce. "Ils n'ont pas porté attention à l'impact (que l'annonce aura) sur le moral des employés, a-t-il dit. Dans le milieu du transport aérien, le moral des employés est très important, parce qu'il est directement lié à la satisfaction et la loyauté des passagers."
Selon lui, les risques que les prix du carburant augmentent dans les six prochains mois ne sont que de 50 pour cent, et s'ils n'augmentent pas, Air Canada devra revoir ses plans. Par contre, si les prix montent, les mesures annoncées ne suffiront pas à éviter des coupures encore plus importantes, a-t-il ajouté.
Le directeur de l'Institut de droit aérien et spatial de l'Université McGill, Paul Dempsey, croit que la décision d'Air Canada aura des effets sur la patience et le portefeuille des voyageurs. "Les coupures de personnel entraînent normalement une pauvreté du service, ce qui signifie des files d'attente plus longue pour enregistrer ses bagages et à la billetterie et une augmentation du temps d'attente pour les sacs", a-t-il expliqué.
Air Canada a notamment confirmé la suspension de sa liaison sans escale entre Toronto et Rome (qui sera toutefois maintenue pendant la saison estivale) et annoncé l'abolition de sa liaison sans escale entre Vancouver et Osaka, au Japon.
Sur le parquet de Toronto mardi, le titre d'Air Canada a augmenté de 29 cents à 9,13 $.
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