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Le premier ministre Harper déclenche des élections générales

Presse Canadienne Article mis en ligne le 6 septembre 2008 à 23:00
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OTTAWA - Plutôt que de laisser pendant une session de plus la survie de son gouvernement entre les mains des partis d'opposition, le premier ministre Stephen Harper a lui-même mis fin, dimanche, à son gouvernement minoritaire conservateur après deux ans et demi au pouvoir.
De bon matin, M. Harper s'est rendu à la résidence de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, pour lui demander de dissoudre le Parlement. Les électeurs canadiens devront se choisir de nouveau un gouvernement le 14 octobre prochain, et ce, pour la troisième fois en quatre ans.
Pour marquer des points auprès de l'électorat, le chef conservateur mise sur l'incertitude que crée le ralentissement économique au Canada et sur des attaques répétées envers le plan de taxe sur le carbone proposé par les libéraux.
"D'ici au 14 octobre, les Canadiens choisiront entre une orientation claire et l'incertitude", a soutenu M. Harper, qui pose son parti en incarnation du "bon sens".
En reprenant le contrôle du déclenchement de l'affrontement électoral, M. Harper contourne l'esprit de la loi sur les élections à date fixe, une loi qu'il avait défendue en faisant valoir qu'elle allait mettre un terme à l'opportunisme des premiers ministres qui ont le pouvoir de déclencher des élections lorsque les conjonctures sont favorables.
Pour justifier sa décision, M. Harper argue que le Parlement est devenu "dysfonctionnel" à cause du manque de collaboration de l'opposition.
L'argument est réfuté catégoriquement par les partis d'opposition, qui rappellent que le gouvernement minoritaire conservateur a tout de même pu faire adopter plusieurs mesures pendant ces mois au pouvoir.
Si M. Harper se lance en campagne maintenant, c'est qu'il a l'intention de former un gouvernement majoritaire, a mis en garde le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.
Lors du scrutin, les électeurs devront se demander "dans quelle sorte de société ils veulent vivre", a fait valoir M. Duceppe.
Visiblement, le Bloc tentera de se positionner comme le dernier rempart contre la marée bleue qui pourrait bien s'étendre au-delà des 10 comtés québécois que les conservateurs avaient réussi à remporter en 2006.
Cette mission pourrait bien s'avérer ardue pour le Bloc. La tendance qui se dégage des récents sondages suggère que les conservateurs gagnent peu à peu du terrain, et ce, malgré un gouvernement qui a suscité sa part de controverses et de malaises.
Encore récemment, le gouvernement Harper choquait les milieux culturels par des coupes dans des programmes d'aide aux artistes. Sa position au plan environnemental, face à la guerre en Afghanistan, ou encore son manque de transparence ont généré bien des critiques depuis son arrivée au pouvoir.
Malgré tout, l'adversaire principal de M. Harper sur la scène nationale, le chef libéral Stéphane Dion, n'est pas arrivé à s'imposer. Et son plan proposant une taxe sur le carbone, difficile à expliquer, est devenu la cible de choix des conservateurs qui l'accusent de vouloir tout taxer.
Dimanche, M. Dion a défendu son plan bien sûr, mais il s'est surtout attardé à attaquer "le gouvernement le plus conservateur de l'histoire du Canada".
Quant au chef néo-démocrate Jack Layton, il tentera de séduire en proposant aux électeurs de l'élire comme premier ministre.
"Quand vous votez pour le NPD, vous choisissez le vrai changement, du changement plein d'espoir et d'optimisme", a lancé le chef du Nouveau Parti démocratique, qui ne cache pas qu'il s'inspire de la campagne du démocrate américain Barack Obama.
A la dissolution, le Parlementa comptait 127 députés conservateurs, 95 libéraux, 48 bloquistes, 30 néo-démocrates et quatre indépendants, alors que quatre sièges étaient vacants.
Un député indépendant s'est rallié au Parti vert, la semaine dernière, mais comme cette formation n'est pas reconnue aux Communes, il est toujours considéré comme indépendant.
Le déclenchement des élections générales annule la tenue des trois élections partielles qui devaient se tenir lundi.
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