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Un demi-siècle dans les bars

L'histoire de Monique de Launais

Mariève Tremblay par Mariève Tremblay
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Article mis en ligne le 9 juillet 2007 à 16:50
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Un demi-siècle dans les bars
L'histoire de Monique de Launais
À elle seule, Monique de Launais pourrait raconter l'histoire des bars et des tavernes du Québec. Sa carrière de barmaid, c'est en 1956 au Maple Golf and Country de Saint-Léonard de Port-Maurice qu'elle l'a débutée. Dans ce temps-là, comme elle dit, « la ville était encore annoncée par une flèche en bois! » Cinquante ans et quelques bars plus tard, elle fêtera le 14 avril, un demi-siècle derrière le comptoir!
« Quand j'étais plus jeune, ma sœur me faisait pratiquer en tenant un cabaret avec des bouteilles de Pepsi dedans! C'est elle qui m'a fait rentrer au Maple Golf and Country; j'avais 19 ans. Ils avaient besoin de quelqu'un pour servir les clients des réceptions privées. Personne ne voulait travailler là parce qu'il y avait des rats, mais moi, ça me faisait pas peur », raconte Mme de Launais.

Par contre, elle n'y resta pas longtemps. Rapidement, le propriétaire la fait monter au premier étage où elle apprend le service de bar. « Là, c'était payant! Il y avait du monde en masse », se souvient-elle. Animée par le goût de l'aventure, Monique de Launais quitte Saint-Léonard et part rejoindre son frère à Toronto.

« Lui, il connaissait tout le monde là-bas. Moi, je ne parlais pas un mot anglais, mais ça n'a pas pris de temps pour l'apprendre. Pour servir Molson, 50 ou O'Keefe, on n'a pas besoin d'être bilingue. Le reste vient en parlant avec les clients », explique-t-elle. Durant 10 ans, Monique de Launais travaille au Snuggy Gogo et au Métropole.

Des gros hôtels ou plus petits « trous », sa carrière l'a menée un peu partout. « J'ai fait des belles places, entre autres, un très gros hôtel à Toronto, mais j'ai aussi fait les trous les plus sales. Entre autres, à la "chic et poussiéreuse" taverne Gouin, qui a fermé ses portes en 1998. »

Depuis son retour au Québec, Mme de Launais a travaillé au Café Bellehumeur, au Jan-Lou, au Foyer Inn, au Bièvre, au Bistrot du Plateau et au Caddy Bar. C'est en 1998 qu'elle fait son entrée au Bar Québec, endroit où elle travaille toujours. En plus d'y pratiquer un métier qu'elle adore, elle accepte de relever un nouveau défi: à raison de quelques heures par semaine, elle laisse le plancher pour s'occuper de l'administration du commerce.

En 2006, un accident de voiture l'oblige à prendre un congé du bar. « Ça fait un an maintenant que je suis arrêtée, mais je devrais savoir le 2 mai prochain si je peux y retourner. Je me croise les doigts, parce que je commence à être tannée de ne pas travailler », souligne Mme de Launais. Pour elle, travailler au bar, c'est avoir du plaisir. Elle aime tout: l'ambiance, les gens qu'elle côtoie, la musique. « Dans ma carrière, j'ai côtoyé plein de monde, du pape au balayeur! Pour réussir dans ce métier-là, il ne faut pas boire sur la job et il faut éviter de sortir avec nos clients. C'est le secret de la longévité! »

Plus de 200 personnes sont attendues pour la grande fête qui sera organisée en son honneur au Bar Québec. Son conjoint, Ricardo Scardera, et cinq autres personnes ont tout mis en œuvre pour qu'elle s'en souvienne longtemps. « Tout le monde la connaît ! Il va y en avoir du monde là », s'exclame-t-il.
Un livre à son image
Si la vie de Monique de Launais est remplie de bons souvenirs, sa carrière de barmaid lui aura aussi apporté son lot de malheurs. « Ce n’est pas toujours joyeux. J'en ai vu des choses difficiles, des batailles, des meurtres. Mais, j'ai bien de la misère à m'en souvenir, j'aime mieux garder les bons côtés en mémoire », raconte-t-elle.
Toute son histoire devrait se retrouver dans un livre, l'histoire de sa vie « d'un bout à l'autre ». « Je vais prendre le temps de me reposer après mon gros party et je devrais m'y mettre plus sérieusement après. Ma patronne me donnera un coup de main, parce que moi et les ordinateurs, je n'y connais rien. Ça va aller plus vite de même », raconte-t-elle, en riant.

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