Si le gouvernement répond positivement à la demande des grandes épiceries, les machines permettant de rapporter les contenants consignés pourraient disparaître.
(Photo : Patrick Deschamps)
Consignes sur les canettes : les Léonardois se mobilisent
Pas question d'éliminer la consigne sur les canettes et bouteilles de plastique, clame la Table de concertation de Saint-Léonard. En réaction au dossier paru dans le Progrèsa Saint-Léonard qui exposait la demande des grandes chaînes d'épiceries d'envoyer ces contenants recyclables directement dans le bac vert, l'organisme a décidé de se mobiliser sur cette question.
Au cours de la dernière semaine, la Table de concertation a fait parvenir une lettre aux commerçants locaux, aux autorités gouvernementales responsables de ce dossier, à Michel Bissonnet, député libéral de la circonscription montréalaise de Jeanne-Mance-Viger, ainsi qu’aux épiciers et à la Chambre de commerce de Saint-Léonard, pour leur faire part de leur désaccord.
« Unanimement, les membres de Concertation Saint-Léonard s’opposent à cette demande. Au contraire, ils estiment que la consigne est un incitatif important pour favoriser le retour de ces canettes et bouteilles et que l’abolir serait envoyer un bien mauvais message. La conviction des membres est que la disparition de cette consigne se traduirait par une hausse significative des canettes et des bouteilles envoyées directement aux déchets », peut-on lire dans cette lettre.
« Les membres prônent plutôt un élargissement de la consigne afin d'y inclure tous les contenants non consignés. La consigne procure une valeur ajoutée, ce qui fait qu'on se débarrasse beaucoup moins de ce genre de contenants », indique Daniel Duranleau, coordonnateur de la Table de concertation.
Saint-Léonard tire de l'arrière en matière de recyclage
La question de la consignation s'avère d'autant plus importante dans l'arrondissement que Saint-Léonard accuse un retard en matière de recyclage. En effet, avec un taux de recyclage de 21 %, le secteur se trouve en deçà de la moyenne montréalaise établie à 37 %, selon les données du Portrait 2006 des matières résiduelles de l'agglomération de Montréal. Par contre, ces chiffres ont été compilés avant l'instauration de la collecte sélective pour les immeubles de neuf logements ou plus, mise en place durant l'été 2008.
Pour atteindre ses objectifs, l'arrondissement se penche également sur l'idée d'instaurer la collecte sélective auprès des groupes communautaires. Comme le contrat de service vient à échéance le 31 août prochain, ce pourrait être l'occasion idéale d'ajouter les organismes communautaires sur la route des camions de recyclage. Bien qu'il soit trop tôt pour arrêter une décision à ce chapitre, l'arrondissement étudie en ce moment cette possibilité.
Un pont entre commerçants et organismes
Cette missive est également l'occasion de construire un pont entre les commerçants locaux et les organismes communautaires. « Ce pourrait être une première prise de contact pour le développement de projets environnementaux. Nous aimerions travailler avec les marchands et les gens de la place sur cette question », souligne Daniel Duranleau.
La Table a d'ailleurs mis sur pied depuis peu un comité environnemental. En plus d'étudier les problématiques propres à Saint-Léonard, il dressera le portrait des initiatives environnementales. Un mini-colloque sur le sujet devrait d'ailleurs être organisé cet automne pour faire le point sur cette question et élargir la réflexion.