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Pédiatrie sociale à l’honneur

Conférence du Dr Gilles Julien devant des intervenants pointeliers

Vincent Lanctôt par Vincent Lanctôt
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Article mis en ligne le 22 mai 2008 à 17:02
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Pédiatrie sociale à l’honneur
Le Dr Gilles Julien a fait une conférence dans le cadre de la Semaine de la famille de Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est. (Photo : Arger Émond)
Pédiatrie sociale à l’honneur
Conférence du Dr Gilles Julien devant des intervenants pointeliers
Dans le cadre de la Semaine de la famille de Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est, les intervenants des organismes du quartier ont été invités à une conférence du Dr Gilles Julien, qui a parlé de son approche, basée sur la pédiatrie sociale.
Axée sur le respect des droits de l’enfant et la volonté de connaître les causes fondamentales d’un problème, plutôt que les symptômes, la pédiatrie sociale a pour objectif de reconstruire l’enfant et lui donner des bases solides pour le futur. « Pour y arriver, il faut être proche des gens et de la communauté. Il faut aussi établir un lien de confiance entre l’équipe de spécialistes et la famille », prévient-il.

Selon le Dr Julien, l’approche de pédiatrie sociale se divise en quatre principales étapes : « Il faut tout d’abord apprivoiser une relation privilégiée avec la famille. Ensuite, et grâce cette relation privilégiée, on peut partager toute l’information pertinente. C’est ainsi que l’on peut par la suite comprendre à partir de la connaissance et de l’expérience. Enfin, il faut agir en se basant sur un consensus avec la famille et les professionnels pour tous les besoins de l’enfant. »

Pour y arriver, le médecin explique qu’il est important pour l’équipe traitante d’être dans le milieu afin de le comprendre. « C’est difficile de faire à la fois du préventif et du curatif. Il n’est facile non plus d’établir un bon lien d’interaction entre tous les intervenants. Pourtant, ce système est intéressant quand il interagit avec la communauté », mentionne Gilles Julien.

Une telle collaboration entre les différents spécialistes ne semble cependant pas toujours aller de soi, dans le domaine de la santé : « Avant, chacun voulait tirer la couverte de son bord, mais heureusement, une transformation du système pointe à l’horizon. D’ailleurs, le gouvernement devient de plus en plus ouvert à l’idée. »

Le médecin opère actuellement deux cliniques axées sur la pédiatrie sociale : une à Côte-des-Neiges et une seconde dans Hochelaga-Maisonneuve. Ces établissements regroupent plusieurs spécialistes, par exemple, des pédiatres et des travailleurs sociaux qui travaillent en collégialité.

Au cours des prochaines années, le Dr Gilles Julien entend fonder de nouveaux centres du genre aux quatre coins de la province. « Nous voulons ouvrir des centres dans la plupart des principales villes du Québec. Nous avons aussi visé plusieurs quartiers de Montréal, notamment ceux où l’on retrouve de la pauvreté extrême », explique-t-il, précisant qu’un centre coûte entre 500 000 $ à 600 000 $ par année.

Au sujet de la pauvreté, le médecin estime que la pauvreté économique est loin d’expliquer tous les phénomènes et les problèmes que peuvent vivre les enfants : « La vraie pauvreté, c’est la pauvreté totale, qui comprend l’exclusion et les disparités. Des gens peuvent être pauvres économiquement, tout en vivant dans un environnement stimulant et inclusif pour l’enfant. Malgré cela, il faut tout de même se pencher sur les disparités économiques et tenter d’avoir une société plus juste. »

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