Des équipes d'experts en sinistres s'affairaient à nettoyer les dégâts aux abords du parc Garibaldi, lundi dernier.
(Photo: Stéphane Grégoire)
De biens mauvais souvenirs
Les Léonardois de longue date se sont rappelés de bien mauvais souvenirs samedi, en voyant leurs sous-sols prendre l'eau. Le 14 juillet 1987, les égouts de Saint-Léonard n'avaient pu assurer l'évacuation des eaux d'une pluie abondante. Pour cette deuxième inondation majeure en 21 ans, des victimes frustrées comptent bien obtenir réparation auprès de l'arrondissement.
« On y a goûté en 1987 et le maire de l'époque ne nous avait rien donné en compensation. D'après les démarches qu'on a faites jusqu'à présent, je n'ai pas l'impression que la direction de l'arrondissement va nous aider cette fois-ci non plus, même si ça fait des années qu'on paie des taxes », regrette le propriétaire d'un duplex de la rue Dumesnil qui souhaite garder l'anonymat. Comme plusieurs citoyens rencontrés lundi, il exprime une frustration dirigée envers l'administration municipale.
Son fils poursuit: « Après les inondations de 1987, ils ont creusé un fossé dans le parc afin que l'eau ne se rende plus aux maisons, mais il faut croire que ce n'est pas efficace.»
Plus loin, Lena D'Ambra, réunie avec sa famille devant la maison de sa mère, abonde dans le même sens. « Ils ont refait la rue, mais pas la canalisation et comme le parc n'absorbe pas, c'est nous qui avons reçu l'eau », explique-t-elle. Elle soutient que les voisins commencent à se parler et elle évoque la possibilité qu'une pétition soit mise sur pied pour protester auprès de l'administration municipale. « Il va falloir aller réclamer à la Ville », affirme-t-elle.
« Ils nous disent que ce genre de pluie se produit une fois aux 100 ans, mais on a eu sensiblement les mêmes inondations en 1987, il y a à peine 20 ans », constate Alexandre Cavuoti, copropriétaire et administrateur d'un immeuble à condominiums situé au coin des rues Bélanger et Dumesnil. « Il y a lieu d'installer un plus gros collecteur de pluie. Si ça continue, combien vont coûter nos primes d'assurances ? », se questionne-t-il.
Du côté de la Ville, on se défend de ne pouvoir modifier, à coûts élevés, le réseau d'égout pour se prémunir face à un phénomène météorologique si rare.
Si certains citoyens se demandaient pourquoi les inondations n'avaient touché que les arrondissements de Saint-Léonard, Anjou et quelque peu Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Mme Rousseau refuse de mettre le système de canalisation en cause. « Tous les quartiers de Montréal n'ont pas reçu la même quantité de pluie, cela dépend du corridor de précipitation », explique-t-elle.
Pour obtenir de l'aide
Les Léonardois lésés qui ne sont pas couverts par une assurance personnelle peuvent:
-déposer une demande de dédommagement au bureau des réclamations de la Ville-centre jusqu'au 17 août. Pour ce faire, les citoyens doivent remplir un formulaire, disponible au bureau Accès-Montréal et sur le site Internet de la Ville-centre, ou tout simplement faire parvenir une lettre.
-faire une réclamation au gouvernement du Québec via le programme général d'aide financière lors de sinistres. Pour en savoir plus:
www.msp.gouv.qc.ca ou 1-888-643-2433.
(Photo: gracieuseté)