L'Institution montréalaise qui fêtait ces jours-ci son 20e anniversaire d'existence a accueilli 9150 visiteurs pendant la première fin de semaine de février. Quant à la 13e édition de « Papillons en liberté », elle s'ouvrira sous le thème de la biodiversité. Et comme la thématique change tous les ans, on peut prévoir l'activité chaque année au carnet des rendez-vous culturels.
Du 18 février jusqu'au 25 avril, l'événement mettra en vedette plus de 90 espèces de papillons et l'objectif est de faire ressortir les liens entre les plantes et les papillons. L'occasion est d'ailleurs idéale pour couronner la visite par un tour du Jardin et de l'Insectarium pour le même prix.
« Le papillon est un très bon indice de la biodiversité, notamment parce qu'il est fragile », explique le responsable des collections, Stéphane Le Tirant, pendant qu'il fait faire le tour du propriétaire, une visite abondamment alimentée de savoir entomologique. « Papillons en liberté » a également permis le développement de nombreux projets éducatifs. Les animateurs, des biologistes de formation, sont très dynamiques.
Il était une fois « Papillons en liberté »
M. Le Tirant admet avoir voyagé dans plus d'une trentaine de pays pour l'amour des papillons. Il a d'ailleurs rapporté d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud des centaines d'espèces d'insectes vivants. « On a encore à l'Insectarium des descendances du phasme épineux (eurycanthos en latin), un insecte bâton qu'on a récolté en Malaisie en 1989 », explique le « conservateur ». Et bien qu'ils n'étaient que trois à travailler sur l'exposition au départ, on compte désormais près de 75 employés à l'œuvre pour « Papillons en liberté ».
Le spécialiste, qu'on surnomme « le conservateur » à l'interne, est un des instigateurs du projet, né 13 ans plus tôt. L'origine remonte à son voyage en Malaisie avec Georges Brossard, le fondateur de l'Insectarium. À l'été 1990, les deux hommes ont mis sur pied une volière de papillons du Québec. Et déjà, ça sentait le succès.
L'Insectarium fait strictement affaire avec des fermes d'élevage équitable. Parmi ses plus belles collaborations, on compte celle avec le Costa Rica. « L'Insectarium a aidé à préserver plus de 50 hectares de forêt au Costa Rica, un chiffre qui équivaut à près de 100 terrains de soccer, d'admettre ce dernier. Nous sommes une des rares institutions qui a le droit d'importer des espèces rares, par exemple les troides, de très beaux papillons. »
Papillons 101
Au Québec, la plupart des gens ont appris le cycle du papillon comme suit : chenille-cocon-papillon. Or, Stéphane Le Tirant explique que le cycle est plutôt : œuf-chenille-chrysalide-cocon dans le cas du papillon de nuit, alors que le papillon de jour n'a pas de cocon. Quant au cocon, il est une protection de plus pour la chrysalide. Les visiteurs se déplaceront surtout pour venir admirer le rare troides rhadamantus des Philippines, le caligo eurilochus et le morpho polyphemus, les préférés de tous, et l'actias luna, l'antheraea polyphemus et l'hyalophora cecropia, soit trois espèces de papillons de nuit du Québec.
Pour récupérer et dédouaner ses chrysalides de troides à l'aéroport en début de semaine dernière, il a fallu trois heures de procédures avec en main un demi-pouce de paperasse. Et bien qu'il provienne des Philippines, le colis de chrysalides avait beaucoup de chemin à faire avant d'arriver à bon port. Stéphane Le Tirant fait des allers-retours à raison de trois à quatre fois par semaine pendant un peu plus de dix semaines- un peu avant et lors des dix semaines de l'événement.
Malgré qu'elles ne soient pas conçues pour cela, il semblerait que les serres soient très bien faites. Les conditions sont humides et la densité de lumière est appréciable. Il y a aussi un deuxième étage, ce qui est également favorable puisque les familles volent dans différentes strates de hauteur. « Par exemple, les heliconides de la famille des papillonidés butinent plus bas, alors que les troides rhadamantus eux, volent plus haut. Ils sont d'ailleurs aussi appelés les papillons aux ailes d'oiseau pour cette raison.
L'Insectarium sous le signe de la biodiversité
Après le franc succès du Week-end en fête des 20 ans de l'Insectarium, l'institution présentera l'exposition « Papillons en liberté » dès jeudi. Ce sont près de 1500 papillons issus de 90 espèces différentes qui voleront à l'intérieur des serres du Jardin botanique. Organisé par l'Insectarium, l'événement attirera plus de 150 000 visiteurs en dix semaines, prévoit-on.
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