Après huit ans de gel et d'harmonisation entre les arrondissements à la suite de la fusion de 2001, les comptes de taxes des Montréalais vont augmenter en moyenne de 5,3 % pour les immeubles résidentiels et de 6 % pour les non résidentiels.
En campagne électorale, l'automne dernier, le maire Gérald Tremblay avait prévenu les électeurs qu'une hausse était pratiquement inévitable, mais il n'avait pas précisé la teneur de la facture que la Ville refilerait aux payeurs de taxes, laquelle est trois fois plus élevée que l'inflation.
Pour contrôler les dépenses ainsi que la croissance de 5,6 % de son budget de 4,3 G$, en hausse de 227 M$, l'administration Tremblay a dû rationaliser ses dépenses, étaler l'impact négatif du faible rendement des régimes de retraite et réduire son Programme triennal d'immobilisations, pour un total d'économies de 172 M$. Elle a dû injecter 90 M$ pour renflouer le régime de retraite de ses employés, lui aussi touché par les rendements boursiers négatifs. Les revenus de placement ont aussi connu une année 2009 difficile et le ralentissement dans la construction a coûté 20 M$ au trésor montréalais.
« Nous avons fait des efforts considérables et poursuivi nos investissements dans les transports en commun, avec une contribution totale et historique de 450 M$, dont 389 M$ à la STM, et nous avons coupé dans nos opérations pour limiter la hausse des charges fiscales, explique Alan DeSousa, vice-président du comité exécutif et responsable des finances, en entrevue avec Médias Transcontinental.
« Bien que nous soyons sur une île, Montréal n'est pas immunisée contre les crises économiques mondiales. On le voit encore avec Shell qui vient d'annoncer la fermeture de la raffinerie dans l'Est: l'économie n'a pas encore repris du poil de la bête et des emplois se perdent chaque semaine. Il y a une limite où on peut couper et après toutes ces années de gel des charges fiscales globales et l'obligation de donner des services de qualité, nous pensons que la contribution des Montréalais est juste et que nous investissons pour améliorer le quotidien des gens », ajoute-t-il.
Avec l'introduction d'une taxe sur le stationnement, la loi lui donnant maintenant des pouvoirs habilitants, Montréal va chercher 20 M$. Alors, à quand les péages qui, durant la campagne, faisaient l'objet d'un consensus entre les trois partis et pourraient rapporter, à Montréal seulement, 300 M$ par année ?
« Nous avons démontré notre parti pris en faveur de l'environnement avec nos investissements dans la STM et dans le Plan de transport, mais nous attendons du soutien de Québec lors du dépôt du budget provincial. Devant la chambre de commerce, le premier ministre Charest a parlé de réduire l'étalement urbain et de développer les transports collectifs. Il y a là une situation de convergence des intérêts. Nous pensons qu'il faudrait d'abord augmenter la taxe sur l'essence pour financer les transports en commun au lieu d'aller maintenant avec des péages qui vont entraîner d'autres coûts et des investissements importants. »
Décontaminer l'EstMontréal créera un PR@M-Décontamination, un programme visant la réhabilitation de millions de pieds carrés de terrains contaminés, notamment dans l'Est. Le programme ClimatSol n'en fait pas assez, selon M. DeSousa.
« On veut un nouveau programme bonifié de la part de Québec. On espère travailler avec la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, une députée de l'Est, pour requalifier les milieux abandonnés et orphelins. Ainsi, on va créer de la richesse sur l'île et freiner l'étalement urbain. »


