« J'ai appelé mon organisme Ali et les princes de la rue parce que trop souvent, on voit les jeunes de la rue comme des voyous, des bandits ou des membres de gangs de rue », d'expliquer celui qui a voulu leur donner une chance.
C'est d'ailleurs dans la salle de devoirs de l'organisme située à même les locaux de son école d'arts martiaux de Saint-Léonard que le journal a rencontré le boxeur professionnel mi-moyen. Ce dernier a troqué son uniforme de combattant pour un habit propre, le temps d'accorder une entrevue en vue de l'événement « Fais des choix pour toi ! Trace ton chemin ! », pour lequel il sera porte-parole pour une deuxième année, le 24 mars.
Organisée par les partenaires de la planification communautaire de Rosemont–La Petite-Patrie, l'activité rassemblera bon nombre d'organismes oeuvrant au mieux-être des jeunes. Or, de 9 h à 19 h, le but ultime sera de favoriser l'insertion socioprofessionnelle des jeunes de 15-35 ans des quartiers de Rosemont–La Petite-Patrie et de Villeray. Pour l'occasion, plus de 300 jeunes se déplaceront au centre de la jeunesse ukranienne (3270, Beaubien Est) pour prendre connaissance des différents services qui sont disponibles.
La concertation et le référencement, le fondateur d'Ali et les princes de la rue y croit. Il est d'ailleurs très près de Dan Bigras, un ami de longue date qui s'entraîne aussi à l'Académie. « Il y a un bel équilibre entre Le Refuge des jeunes et Ali et ses princes. On travaille pour la même cause, mais on a des spécialités différentes », admet le boxeur, qui sent d'ailleurs déjà les effets de l'adrénaline dans ses muscles en vue des championnats canadiens au centre Claude-Robillard, le 26 mars.
Un parcours pas comme les autresAli Nestor Charles a un passé tumultueux. À l'adolescence, celui qui a grandi dans les quartiers de Saint-Michel et Montréal-Nord s'est retrouvé au Mont-Saint-Antoine après avoir été intercepté par la police à la suite de quelques méfaits. C'est à ce moment qu'il s'est mis à se passionner pour les arts martiaux. Ce fut son exutoire.
Quand on lui demande de fournir un témoignage, le fondateur de l'OSBL n'hésite pas à parler du jeune Réginald Franklin. « Réginald fréquentait l'organisme depuis l'âge de 16 ans avant de devenir intervenant à son tour. À l'époque, il était décrocheur et avait beaucoup de problèmes de concentration. Son rêve était de devenir un professionnel du combat, alors il est venu me voir. Il est ensuite retourné à l'école et a réalisé son rêve », explique Ali, fier de partager cet exemple. Aujourd'hui, non seulement il en est à son troisième combat professionnel, mais il s'est trouvé une autre passion: intervenir pour aider les autres. Un exemple qui risque de faire des petits.