Vingt ans après sa fondation en 1990 par des parents d'enfants atteints d'allergies alimentaires multiples et sévères, cet organisme à but non lucratif accompagne des milliers de personnes qui font face à un casse-tête matin, midi et soir.
Non seulement les familles doivent revoir leurs menus, mais le problème concerne maintenant les écoles, les restaurants et les manufacturiers alimentaires. Si bien que le nombre de personnes concernées directement ou indirectement est beaucoup plus substantiel.
Si, pour certains, les désagréments se limitent à des picotements, à de l'urticaire, à des enflures ou encore à des nausées, pour d'autres, une catastrophe est toujours possible, soit un choc anaphylactique.
Pour aider tout le monde à s'y retrouver et à apprendre à vivre avec les allergies alimentaires, l'AQAA produit des guides, dont un qui est destiné aux établissements scolaires. C'est d'ailleurs en vendant ces outils, mais aussi grâce à son membership comptant 1200 personnes, que l'AQAA peut réaliser sa mission.
« On peut vivre en sécurité malgré les allergies sévères, si nous sommes bien outillés et informés, indique Carole Fortin, directrice générale de l'AQAA. Notre but premier est justement de vulgariser les allergies alimentaires afin que chacun puisse mieux gérer la situation. Il ne s'agit pas d'un caprice, comme on l'a déjà cru: les allergies alimentaires provoquent des réactions physiques réelles, dont certaines pouvent entraîner la mort ».
On ne connaît pas les causes exactes de l'explosion des allergies alimentaires ces deux dernières décennies, mais il n'y a plus que les arachides et les noix qui posent problème.
« Est-ce l'aseptisation à outrance, la chimie des produits manufacturés, la pollution ou encore l'arrivée de nouveaux aliments dans nos épiceries ? D'ailleurs, il faudrait pousser plus loin la recherche, car beaucoup de gens sont touchés et ça devient un problème de santé publique, surtout qu'il n'y a au Québec que 56 allergologues, dont certains qui font de la recherche et ne sont donc pas disponibles pour le public. »
En plus des guides qu'elle produit, c'est à l'AQAA qu'on doit la mise en place du programme de Contrôle allergène certifié (CAC), développé en collaboration avec Santé Canada, Agriculture et agroalimentaire Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, des représentants de l'industrie agroalimentaire, des conseillers juridiques, des spécialistes en certification (Bureau de normalisation du Québec) et des consommateurs allergiques. Le CAC s'appuie sur une certification octroyée par un organisme indépendant, neutre et impartial. « Le risque zéro n'existe pas, ajoute Mme Fortin, mais le logo aide les gens à s'y retrouver. »
Au Québec, par exemple, Mme Fortin cite les Biscuits Leclerc et la crème glacée Lambert qui ont été certifiés par le programme CAC. « Nous sommes en train de revoir, avec les manufacturiers alimentaires, les normes, tout ça pour en arriver à un consensus national. On veut que plus d'entreprises adhèrent à notre cahier de charge. »
À l'occasion de son 20