En 2008, 10 inspecteurs de la Ville-centre ont investigué les 21 immeubles de ce complexe résidentiel comptant 336 appartements – où vivent environ 1100 personnes, surtout des familles et des nouveaux arrivants –, ce qui a débouché sur l'émission de 3576 avis de non-conformité qui ont été transmis au propriétaire, une compagnie à numéro. Celle-ci a réalisé 48 % des travaux requis, en vertu du règlement sur la salubrité et l'entretien des logements adopté en 2007.
Depuis, a indiqué Céline Topp, directrice de la mise en valeur du territoire, « la bonne collaboration du propriétaire a cessé, donc nous avons dû judiciariser le dossier qui sera entendu par la cour, le 23 mars prochain. Nous avons émis 603 constats d'infraction totalisant 500 000 $. (…) Les constats ne sont pas une fin en soi et nous avons continué d'inspecter les immeubles depuis leur dépôt. L'arrivée de la DSP dans le dossier va apporter de l'eau au moulin. Le but, c'est que des correctifs soient apportés et que les locataires retrouvent des conditions de logement saines ». Mme Topp a parlé d'un « entretien général déficient ».
En novembre dernier, deux cas de locataires abondamment piqués par des punaises de lit ont déclenché l'opération qui a nécessité trois mois de concertation avant son lancement sur le terrain, lundi dernier, avec le concours de la DSP.
Au cours des six prochaines semaines, dans le cadre d'une enquête médico-environnementale, un hygiéniste de l'environnement de la DSP et trois infirmières du CSSS feront le tour de 12 des 21 immeubles. Ils visiteront jusqu'à six logements dans chaque bâtiment, histoire de faire l'inventaire des problèmes d'insalubrité et de documenter, à l'aide de questionnaires, leur impact sur la santé des occupants. Normand King, de la DSP, a parlé de possibles problèmes de moisissures, mais aussi de la présence de coquerelles et de punaises de lit.
L'investigation en cours déterminera quelles actions prendront l'arrondissement de Saint-Léonard et la Ville de Montréal contre le propriétaire qui s'exposent à de possibles autres avis et constats d'infraction. Des résidents pourraient être relocalisés au besoin.
Steve Beaudoin, représentant de l'arrondissement, a expliqué que les interventions s'étaient multipliées au Domaine Renaissance depuis trois ans, où 334 000 $ ont été investis dans le cadre de différents programmes, dont celui visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Plusieurs activités ont été organisées par le milieu communautaire et l'arrondissement pour établir un dialogue avec les résidents et mieux connaître leurs besoins.