« Les sentinelles sont un maillon important de la chaîne, car, ainsi sensibilisées et attentives à l'égard des signes précurseurs du suicide, elles peuvent prévenir le passage à l'acte. Mais, jamais, elles ne se substituent aux professionnels de la santé. Elles travaillent en équipe », explique Michel Lefebvre, chargé de projet du Réseau Sentinelles pour le compte de trois CSSS (Saint-Léonard/Saint-Michel, Pointe-de-l'Île et Lucille-Teasdale).
« Quand quelqu'un a changé d'attitude et s'est renfermé, on peut lui dire qu'on s'inquiète pour lui et rentrer en communication avec lui en demandant directement s'il a des idées suicidaires. Les études démontrent que quand des gens sont soucieux des autres qui les entourent, ils peuvent prévenir un geste fatal n'ayant pas de lendemain. Quand un homme ne va pas bien à la suite d'une séparation ou d'une perte d'emploi, surtout en ces temps difficiles, il y a un risque réel », dit-il.
Le suicide diminue au Québec depuis trois ans grâce à un travail concerté, soutient M. Lefebvre. Reste que quelque 1100 personnes s'enlèvent encore la vie chaque année. Il y a donc du travail à faire, dit-il, mais la clé pourrait résider dans la multiplication des sentinelles dans tous les milieux.
M. Lefebvre souhaite former jusqu'à 200 sentinelles par année au cours des prochaines années, autant des cellules déployées dans les grandes entreprises que dans les commerces de petite taille, visités par des gens en détresse, notamment les débits de boisson.
« Ce n'est pas facile d'entrer dans les milieux de travail ni dans les associations sportives, mais il faut responsabiliser et outiller le plus de gens possible pour aider les personnes vulnérables ou en détresse. »
La formation permet aux sentinelles de reconnaître les signes précurseurs associés à un processus suicidaire, de créer un contact avec la personne à risque, de recueillir l'information en vue de déceler la présence d'idées suicidaires, de référer aux ressources d'aide appropriées et de transmettre l'information sur l'urgence de la situation.
Parce que l'argent se fait rare par les temps qui courent, les trois CSSS ont uni leurs efforts et partagent les ressources. « Ce n'est pas tout de former des sentinelles. Il faut assurer un suivi avec elles et maintenir un lien constant, car beaucoup d'entre elles vivent des chocs quand une personne lui parle de ses idées noires. Elles ont accès à une ligne téléphonique en tout temps pour verbaliser à leur tour », relate M. Lefebvre.
Deux fois plus de sentinelles pour prévenir le suicide dans l'Est
D'ici la fin de mars, le Réseau Sentinelles en prévention du suicide verra ses effectifs doubler, dans l'Est, avec l'ajout d'une centaine de nouvelles sentinelles exerçant un rôle de relais entre la personne suicidaire et les ressources du milieu, a appris Médias Transcontinental.
- Nombre de fois lu : 700
- Coter
- Haut de page