L'invitation avait été lancée par CPAM 1610 (RADIO UNION.COM) et des compatriotes issus de diverses organisations communautaires de la métropole.
Jean Ernest Pierre, directeur général de cette station de radio et animateur, a expliqué à Médias Transcontinental que le « peuple n'a jamais été invité à dire ce qu'il pense et ce qu'il souhaite relativement à l'avenir d'Haïti ».
Selon lui, il ne faut pas se lancer dans une opération où seul le béton occuperait le haut du pavé. « Il faut comprendre pourquoi le pays a été détruit. Pour nous, la reconstruction d'Haïti, ce n'est pas d'abord le béton, c'est d'abord faire en sorte que l'homme haïtien prenne de nouvelles dispositions pour changer les façons de faire et qu'il soit au centre de cette reconstruction. »
Il parle notamment d'un code du bâtiment adapté à la perle des Antilles, mais aussi, dit-il, « il faut s'assurer que les lois et que les normes de construction soient respectées, que de nouvelles normes plus sévères soient adoptées. Port-au-Prince a été conçue pour 200 000 personnes et elle comptait 10 fois plus d'habitants avant le séisme du 12 janvier dernier. Les villes de province doivent aussi être soutenues ».
La reconstruction doit aussi s'accompagner d'un vaste programme de reboisement, Haïti ayant abattu beaucoup trop d'arbres ces dernières décennies, ce qui cause bien des problèmes lors de cyclones et durant la saison des pluies.
« Les différentes diasporas haïtiennes envoient 2 G$ par année pour aider les membres de leur famille, sans rien leur demander en retour. Compte tenu que la reconstruction n'est pas que béton, malgré les 10 G$ versés par la communauté internationale, la diaspora peut, tout en aidant la famille, commander que Haïti soit reboisé. Si, par exemple, j'envoie 100 $ américains par mois en Haïti, je peux demander à ma famille de planter un arbre tous les mois et d'en prendre soin. Imaginez le nombre d'arbres qu'on pourrait ainsi planter et comment on pourrait changer la donne, alors que l'île ne compte en ce moment que 2 % de couvert végétal. Le pays voisin, la République dominicaine, a un couvert végétal de 80 %, ce qui fait que quand il y a un cyclone, il y a des centaines de morts en Haïti et quelques-uns chez nos voisins. »
Plusieurs conférenciers ont pris la parole pour notamment parler de gouvernance, d'économie, de réformes, de tourisme, d'agriculture, de culture, de santé et de sport. Wilson St-Elmy, Donald Cuccioletta, René St-Léger, Luc Enock-Joseph, Jean St-Vil, Jean Fils Aimé, Christian Lauriston, Monica Ricourt, Marc Anglade et Jean-Claude Martineau se sont succédé au micro.
Reconstruction d'Haïti: la diaspora montréalaise ajoute sa voix
Après les conférences de Montréal et de New York, la diaspora haïtienne de Montréal a tenu son propre rendez-vous sur la reconstruction d'Haïti, les 23 et 24 avril, réunissant à Saint-Léonard plus de 1300 personnes déterminées à ajouter leur voix au chapitre.
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